Propositions avec an : vouloir, devoir, pouvoir

A2 «أَنْ» والمُضارِعُ المَنْصوب 34 / 70

En bref

Le français dit « je veux partir », « je dois partir », « je peux partir » — un verbe, puis un infinitif nu. L’arabe n’a pas d’infinitif. Chaque verbe arabe se conjugue pour une personne, toujours, sans forme de dictionnaire neutre à glisser dans une phrase. Donc là où le français accroche un infinitif au premier verbe, l’arabe accroche une petite proposition : la particule أَنْ plus un verbe pleinement conjugué au subjonctif. أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ c’est littéralement « je veux que j’aille ».

La leçon 33 a construit les formes du subjonctif ; cette leçon porte sur les mots qui les déclenchent. Il y a deux groupes. Les verbes personnels — أَرادَ، اِسْتَطاعَ، أَحَبَّ، قَرَّرَ، حاوَلَ، نَسِيَ — se conjuguent normalement et prennent أَنْ après eux. Les modaux impersonnels — يَجِبُ، يُمْكِنُ، عَلَيْهِ، لا بُدَّ — ne se conjuguent pas du tout : ils restent figés à la 3e personne du masculin singulier, et la personne dont on parle apparaît sur le second verbe. Tenez cette scission et tout ce domaine, qui couvre l’essentiel de ce que vous dites chaque jour, devient mécanique.

La règle

1. Le cadre : verbe + أَنْ + المُضارِعُ المَنْصوب. أَنْ ne change jamais de forme et ne prend jamais de personne. Le verbe après lui porte tout : la personne, le nombre, et la fatha (ou le ن tombé) qui marque le subjonctif.

  • أُريدُ أَنْ أَسْأَلَ سُؤالًا. — Je veux poser une question.
  • تُريدُ أَنْ تَسْأَلَ سُؤالًا. — Elle veut poser une question.
  • يُريدونَ أَنْ يَسْأَلوا سُؤالًا. — Ils veulent poser une question.

Trois choses bougent ensemble et aucune n’est facultative : le premier verbe s’accorde avec le locuteur, أَنْ est là, et le second verbe est منصوب. Les apprenants laissent tomber celui du milieu (*أُريدُ أَذْهَبَ) ou oublient la terminaison (*أُريدُ أَنْ أَذْهَبُ). Les deux sont agrammaticaux.

2. Même sujet ou sujet différent — أَنْ s’occupe des deux. Le français doit changer de construction (« je veux voyager » contre « je veux que tu voyages »). L’arabe non. Le second verbe se conjugue simplement pour celui qui le fait :

  • أُريدُ أَنْ أُسافِرَ. — Je veux voyager.
  • أُريدُ أَنْ تُسافِرَ مَعي. — Je veux que tu voyages avec moi.
  • طَلَبَ المُديرُ أَنْ نَحْضُرَ مُبَكِّرينَ. — Le directeur a demandé que nous venions tôt.

3. Les verbes personnels régissants. Ce sont ceux dont vous vous servirez à toute heure. Chacun est un verbe normal — apprenez sa racine et sa forme, parce que plusieurs d’entre eux sont irréguliers d’une façon qui n’a rien à voir avec أَنْ.

  • أَرادَ / يُريدُ (ر و د, forme IV, creux) — vouloir. أُريدُ أَنْ أَعْمَلَ.
  • اِسْتَطاعَ / يَسْتَطيعُ (ط و ع, forme X, creux) — pouvoir. أَسْتَطيعُ أَنْ أَعْمَلَ.
  • أَحَبَّ / يُحِبُّ (ح ب ب, forme IV, géminé) — aimer. أُحِبُّ أَنْ أَعْمَلَ.
  • قَرَّرَ / يُقَرِّرُ (ق ر ر, forme II) — décider de. قَرَّرْتُ أَنْ أَعْمَلَ.
  • حاوَلَ / يُحاوِلُ (ح و ل, forme III) — essayer de. أُحاوِلُ أَنْ أَعْمَلَ.
  • نَسِيَ / يَنْسى (ن س ي, forme I, défectueux) — oublier de. نَسيتُ أَنْ أَعْمَلَ.

Le même cadre marche avec une longue traîne d’autres une fois que vous les rencontrez : رَفَضَ أَنْ (a refusé de), قَبِلَ أَنْ (a accepté de), تَعَلَّمَ أَنْ (a appris à), خافَ أَنْ (a eu peur de), تَمَنّى أَنْ (a souhaité).

4. Les modaux impersonnels restent à la 3e personne du masculin singulier — toujours. C’est le point le plus important de la leçon. يَجِبُ et يُمْكِنُ ne se conjuguent pas pour la personne qui doit ou peut faire quelque chose. Ils ne deviennent jamais *أَجِبُ ni *نُمْكِنُ. Leur sujet est toute la proposition أَنْ qui suit, et cette proposition est grammaticalement un « il ».

  • يَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ. — Je dois partir. (littéralement : « que je parte » est obligatoire)
  • يَجِبُ أَنْ تَذْهَبي. — Tu dois partir.
  • يَجِبُ أَنْ يَذْهَبوا. — Ils doivent partir.
  • يُمْكِنُ أَنْ نَبْدَأَ. — Nous pouvons commencer.

Notez la racine de يَجِبُ : و ج ب, forme I, un مِثال واوِيّ (un verbe dont la première radicale est و). Le passé est وَجَبَ, avec le و bien en vue, mais le و disparaît au présent : وَجَبَ → يَجِبُ, et non *يَوْجِبُ. La même chute se produit dans وَصَلَ → يَصِلُ et وَقَفَ → يَقِفُ ; la leçon 49 traite la classe proprement. يُمْكِنُ est la forme IV de م ك ن (أَمْكَنَ / يُمْكِنُ).

5. Nommer la personne avec يَجِبُ et يُمْكِنُ. Si le second verbe tout seul ne suffit pas — typiquement quand vous voulez rendre l’obligation explicite ou polie — accrochez la personne à une préposition ou un pronom, et laissez quand même يَجِبُ / يُمْكِنُ intacts.

  • يَجِبُ عَلَيْكِ أَنْ تَدْرُسي. — Tu dois étudier.
  • يَجِبُ عَلى الطُّلّابِ أَنْ يَحْضُروا. — Les étudiants doivent assister.
  • يُمْكِنُني أَنْ أُساعِدَكَ. — Je peux t’aider.
  • هَلْ يُمْكِنُكَ أَنْ تَنْتَظِرَ قَليلًا؟ — Peux-tu attendre un peu ?

يُمْكِنُ prend un pronom objet direct (يُمْكِنُني، يُمْكِنُكَ، يُمْكِنُهُ) ; يَجِبُ prend عَلى (يَجِبُ عَلَيَّ، يَجِبُ عَلَيْكَ). Ne les inversez pas.

6. عَلَيْهِ أَنْ — l’obligation sans aucun verbe. عَلى plus un pronom, à lui seul, veut déjà dire « doit ». C’est plus court que يَجِبُ عَلَيْهِ et extrêmement courant à l’écrit :

  • عَلَيَّ أَنْ أَتَّصِلَ بِالشَّرِكَةِ. — Je dois appeler l’entreprise.
  • عَلَيْنا أَنْ نَحْجِزَ الغُرْفَةَ اليَوْمَ. — Nous devons réserver la chambre aujourd’hui.

Ici la personne est visible — c’est le pronom suffixe sur عَلى — et le second verbe s’accorde avec elle.

7. لا بُدَّ أَنْ / لا بُدَّ مِنْ أَنْ — « on n’y échappe pas ». بُدٌّ est un nom qui signifie « échappatoire », nié de façon absolue par لا. La tournure est figée et les deux variantes sont correctes :

  • لا بُدَّ أَنْ تَعْرِفَ الحَقيقَةَ. — Tu dois connaître la vérité.
  • لا بُدَّ مِنْ أَنْ نُغَيِّرَ الخُطَّةَ. — Nous devons vraiment changer le plan.

8. Mettre les modaux au passé : كانَ + يَجِبُ. Le passé quotidien de يَجِبُ n’est pas son propre ماضٍ وَجَبَ — qui existe, mais reste dans la prose soutenue et juridique — mais كانَ devant lui, qui porte le temps. Le résultat se traduit par « il fallait » ou « on aurait dû ».

  • كانَ يَجِبُ أَنْ نَنْتَظِرَ. — Nous aurions dû attendre. / Nous avons dû attendre.
  • كانَ يُمْكِنُكَ أَنْ تَسْأَلَني. — Tu aurais pu me demander.

كانَ reste aussi à la 3e pers. masc. sing., pour la même raison que يَجِبُ. (كانَ et son comportement : leçons 32 et 43.)

9. Nier : أَنْ + لا = أَلّا. Quand c’est le second verbe qui est nié, أَنْ et لا fusionnent en un seul mot écrit, أَلّا, et le verbe après reste منصوب :

  • يَجِبُ أَلّا تَتَأَخَّرَ. — Tu ne dois pas être en retard.
  • قَرَّرْتُ أَلّا أَقولَ شَيْئًا. — J’ai décidé de ne rien dire.
  • عَلَيْنا أَلّا نَنْسى المَوْعِدَ. — Nous ne devons pas oublier le rendez-vous.

Nier le premier verbe est un autre sens et n’a besoin d’aucune fusion : لا أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ (« je ne veux pas partir »), لا يُمْكِنُني أَنْ أَحْضُرَ (« je ne peux pas venir »). Et remarquez la paire يَجِبُ أَلّا تَتَأَخَّرَ (« tu ne dois pas être en retard » — l’interdiction est réelle) contre لا يَجِبُ أَنْ تَتَأَخَّرَ (« il n’est pas obligatoire que tu sois en retard » — beaucoup plus faible). Pour un vrai « ne … pas », préférez أَلّا.

10. Le مصدر : le seul endroit où l’arabe a quelque chose qui ressemble à un infinitif. Presque tout verbe arabe a un nom verbal, un مَصْدَر, et après des verbes comme أَرادَ vous pouvez vous en servir à la place de toute la proposition أَنْ. C’est un nom, donc il prend un cas — l’accusatif ici, comme COD :

  • أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ إِلى السّوقِ. = أُريدُ الذَّهابَ إِلى السّوقِ.
  • قَرَّرَ أَنْ يُسافِرَ. = قَرَّرَ السَّفَرَ.

Les deux reviennent au même ici ; la version أَنْ est la plus légère et, surtout, marque le nouveau sujet sur le verbe lui-même (أُريدُ أَنْ تَذْهَبَ — avec le مصدر il faudrait accrocher la personne dessus, أُريدُ ذَهابَكَ). Parce que أَنْ + verbe fait le travail d’un nom, les grammairiens l’appellent المَصْدَرُ المُؤَوَّل, « le مصدر interprété ». Construisez le مصدر proprement à la leçon 54 ; pour l’instant reconnaissez simplement l’échange.

11. Ce qui ne prend pas أَنْ. Un petit ensemble de verbes très courants est suivi du مضارع nu, encore مرفوع, sans particule entre les deux. Les verbes de commencement sont ceux sur lesquels vous trébucherez d’abord :

  • بَدَأَ يَكْتُبُ رِسالَةً. — Il a commencé à écrire une lettre. (et non *بَدَأَ أَنْ يَكْتُبَ)
  • أَخَذَ يَضْحَكُ. — Il s’est mis à rire.
  • ما زالَ يَعْمَلُ هُنا. — Il travaille encore ici.

كادَ (« presque ») se comporte d’ordinaire de la même façon, bien que كادَ أَنْ يَفْعَلَ soit aussi courant, et لا يَزالُ / ما زالَ appartiennent à كانَ وأَخَواتُها. Ce sont les leçons 43 et 59. Pour l’instant : mémorisez بَدَأَ comme l’exception qui confirme la règle.

12. Trois particules qui se ressemblent — tenez-les à part. أَنْ prend un verbe au subjonctif (أُريدُ أَنْ تَذْهَبَ). أَنَّ prend un nom ou pronom à l’accusatif et signifie « que » après les verbes de savoir et de rapporter (أَعْرِفُ أَنَّكَ مَشْغولٌ) — leçon 44. إِنَّ ouvre une phrase pour l’insistance, et c’est aussi ce que قالَ prend : « il a dit que … » c’est قالَ إِنَّ, pas قالَ أَنَّ — leçon 44 aussi. Et قَبْلَ أَنْ / بَعْدَ أَنْ (« avant/après ») se servent du même أَنْ — قَبْلَ أَنْ toujours avec le subjonctif, بَعْدَ أَنْ avec un subjonctif ou un ماضٍ — mais ce sont des conjonctions de temps : leçon 38.

Formes et structures

أَنْ + المُضارِعُ المَنْصوب - كَتَبَ / يَكْتُبُ

الضَّميرالمُضارِعُ المَرْفوعأَنْ + المَنْصوب
أَناأَكْتُبُأَنْ أَكْتُبَ
أَنْتَتَكْتُبُأَنْ تَكْتُبَ
أَنْتِتَكْتُبينَأَنْ تَكْتُبي
هُوَيَكْتُبُأَنْ يَكْتُبَ
هِيَتَكْتُبُأَنْ تَكْتُبَ
نَحْنُنَكْتُبُأَنْ نَكْتُبَ
أَنْتُمْتَكْتُبونَأَنْ تَكْتُبوا
هُمْيَكْتُبونَأَنْ يَكْتُبوا
أَنْتُنَّ / هُنَّتَكْتُبْنَ / يَكْتُبْنَأَنْ تَكْتُبْنَ / يَكْتُبْنَ

Les deux pluriels féminins sont les seules cases qui ne changent pas du tout. Les duels (أَنْ تَكْتُبا، أَنْ يَكْتُبا) laissent tomber leur ن exactement comme les pluriels et sont omis ici.

Les verbes personnels régissants

الفِعْلالجَذْرالوَزْنالمُضارِع (أَنا)الماضي (أَنا)Traduction
أَرادَ أَنْر و دIV, أَجْوَفأُريدُأَرَدْتُvouloir
اِسْتَطاعَ أَنْط و عX, أَجْوَفأَسْتَطيعُاِسْتَطَعْتُpouvoir
أَحَبَّ أَنْح ب بIV, مُضَعَّفأُحِبُّأَحْبَبْتُaimer
قَرَّرَ أَنْق ر رIIأُقَرِّرُقَرَّرْتُdécider de
حاوَلَ أَنْح و لIIIأُحاوِلُحاوَلْتُessayer de
نَسِيَ أَنْن س يI, ناقِصأَنْسىنَسيتُoublier de

Surveillez les deux verbes creux : leur voyelle longue est là au présent (أُريدُ، أَسْتَطيعُ) et partie au passé avec une terminaison personnelle (أَرَدْتُ، اِسْتَطَعْتُ). De même أَحَبَّ, dont la chadda se défait en deux lettres dans أَحْبَبْتُ. Les leçons 49 et 50 expliquent pourquoi.

Les modaux impersonnels — figés à la 3e personne du masculin singulier

التَّعْبيرSourceTraductionPersonne marquée par
يَجِبُ أَنْو ج ب, I, مِثال واوِيّ (le و tombe)devoir, falloirle second verbe
يَجِبُ عَلى … أَنْ+ عَلىquelqu’un doitعَلى + pronom/nom
يُمْكِنُ أَنْم ك ن, IV (أَمْكَنَ)pouvoir, il est possiblele second verbe
يُمْكِنُ + ـني/ـكَ أَنْ+ pronom objetje/tu peuxle pronom suffixe
عَلَيْهِ أَنْعَلى + pronomil doitle pronom suffixe
لا بُدَّ أَنْ / مِنْ أَنْلا + بُدٌّon n’y échappe pasle second verbe
كانَ يَجِبُ أَنْكانَ + يَجِبُil fallait, on aurait dûle second verbe

عَلَيْـ + أَنْ à travers les personnes

الضَّميرالعِبارَةTraduction
أَناعَلَيَّ أَنْ أَذْهَبَje dois partir
أَنْتَعَلَيْكَ أَنْ تَذْهَبَtu (masc.) dois partir
أَنْتِعَلَيْكِ أَنْ تَذْهَبيtu (fém.) dois partir
هُوَعَلَيْهِ أَنْ يَذْهَبَil doit partir
هِيَعَلَيْها أَنْ تَذْهَبَelle doit partir
نَحْنُعَلَيْنا أَنْ نَذْهَبَnous devons partir
أَنْتُمْعَلَيْكُمْ أَنْ تَذْهَبواvous devez partir
هُمْعَلَيْهِمْ أَنْ يَذْهَبواils doivent partir

Radicaux irréguliers après أَنْ — où la fatha se montre et où elle se cache

النَّوْعالمَرْفوعأَنْ + المَنْصوبRemarque
أَجْوَفيَزورُأَنْ يَزورَfatha ordinaire
أَجْوَفيَنامُأَنْ يَنامَfatha ordinaire
مُضَعَّفيُحِبُّأَنْ يُحِبَّfatha sur la lettre à chadda
ناقِص في ـييَشْتَريأَنْ يَشْتَرِيَle ي caché réapparaît avec une fatha
ناقِص في ـويَدْعوأَنْ يَدْعُوَle و caché réapparaît avec une fatha
ناقِص في ـىيَنْسىأَنْ يَنْسىaucun changement visible
مَهْموزُ اللّاميَقْرَأُأَنْ يَقْرَأَla hamza garde son siège

Exemples

العربيةFrançais
أُريدُ أَنْ أَتَعَلَّمَ اللُّغَةَ العَرَبِيَّةَ.Je veux apprendre l’arabe.
هَلْ تَسْتَطيعُ أَنْ تُساعِدَني؟Peux-tu m’aider ?
يَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ إِلى الطَّبيبِ اليَوْمَ.Je dois aller chez le médecin aujourd’hui.
يَجِبُ عَلَيْكِ أَنْ تَدْرُسي كُلَّ يَوْمٍ.Tu dois étudier tous les jours.
كانَ يَجِبُ أَنْ نَنْتَظِرَ قَليلًا.Nous aurions dû attendre un peu.
قَرَّرَتْ أَنْ تَسْكُنَ في مَدينَةٍ أُخْرى.Elle a décidé de vivre dans une autre ville.
أُحِبُّ أَنْ أَقْرَأَ قَبْلَ النَّوْمِ.J’aime lire avant de m’endormir.
حاوَلْتُ أَنْ أَفْتَحَ النّافِذَةَ.J’ai essayé d’ouvrir la fenêtre.
نَسيتُ أَنْ أَشْتَرِيَ الخُبْزَ.J’ai oublié d’acheter du pain.
يُمْكِنُنا أَنْ نَبْدَأَ الآنَ.Nous pouvons commencer maintenant.
لا بُدَّ أَنْ تَعْرِفَ الحَقيقَةَ.Tu dois connaître la vérité.
يَجِبُ أَلّا تَتَأَخَّرَ عَنِ العَمَلِ.Tu ne dois pas être en retard au travail.
عَلَيْنا أَنْ نَحْجِزَ الغُرْفَةَ اليَوْمَ.Nous devons réserver la chambre aujourd’hui.
أُريدُ الذَّهابَ إِلى السّوقِ.Je veux aller au marché.

Erreurs fréquentes

  • أُريدُ أَذْهَبَ. -> أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ. — l’arabe n’a pas d’infinitif, donc deux verbes ne peuvent pas se côtoyer ici. أَنْ est ce qui les colle, et il n’est jamais facultatif après أَرادَ.
  • أُريدُ أَنْ أَذْهَبُ. -> أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ. — أَنْ met le verbe au منصوب : la damma finale devient une fatha. C’est de loin l’erreur la plus courante de la leçon.
  • أَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ. -> يَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ. — يَجِبُ ne se conjugue pas pour la personne qui doit agir. Il reste à la 3e pers. masc. sing. ; le « je » habite sur أَذْهَبَ.
  • يَجِبونَ أَنْ يَدْرُسوا. -> يَجِبُ أَنْ يَدْرُسوا. — la même règle pour les pluriels. يَجِبُ n’a pas de pluriel dans cette construction, jamais.
  • بَدَأَ أَنْ يَكْتُبَ. -> بَدَأَ يَكْتُبُ. — les verbes de commencement prennent le مضارع nu, encore مرفوع. Pas de أَنْ, pas de fatha.
  • تَسْتَطيعُ أَنْ تَذْهَبينَ؟ -> هَلْ تَسْتَطيعينَ أَنْ تَذْهَبي؟ — deux erreurs à la fois : le premier verbe doit s’accorder avec أَنْتِ, et le second laisse tomber son ن au subjonctif.
  • يَجِبُ أَنْ لا تَتَأَخَّرُ. -> يَجِبُ أَلّا تَتَأَخَّرَ. — أَنْ + لا s’écrit en un seul mot, أَلّا, et le verbe après est encore منصوب.
  • يُمْكِنُ عَلَيَّ أَنْ أُساعِدَكَ. -> يُمْكِنُني أَنْ أُساعِدَكَ. — يُمْكِنُ prend un pronom objet suffixe ; عَلى appartient à يَجِبُ (يَجِبُ عَلَيَّ).
  • أُريدُ الذَّهابُ إِلى السّوقِ. -> أُريدُ الذَّهابَ إِلى السّوقِ. — le مصدر est un nom dans la case du complément, donc il est à l’accusatif.
  • كانَ يَجِبُ أَنْ نَنْتَظِرُ. -> كانَ يَجِبُ أَنْ نَنْتَظِرَ. — mettre le modal au passé ne change rien après أَنْ ; le second verbe reste منصوب.

Conseils

  • Apprenez le cadre comme une seule forme sonore, pas trois règles : أَنْ + أَ/تَ/يَ/نَ + …َ. Dites أُريدُ أَنْ أَذْهَبَ، يَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ، أَسْتَطيعُ أَنْ أَذْهَبَ à voix haute jusqu’à ce que la fatha finale soit un réflexe.
  • Traduisez يَجِبُ أَنْ pour vous-même par « il faut que … », pas par « je dois ». Le verbe « devoir » vous invite à le conjuguer ; la tournure arabe ne se conjugue pas.
  • Rangez les six verbes régissants en paires — أَرادَ / أُريدُ، اِسْتَطاعَ / أَسْتَطيعُ، أَحَبَّ / أُحِبُّ — parce que leur passé et leur présent ne se ressemblent pas du tout. La partie أَنْ est la moitié facile.
  • Une phrase par personne vaut un paradigme : يَجِبُ أَنْ أَذْهَبَ، يَجِبُ أَنْ تَذْهَبي، يَجِبُ أَنْ نَذْهَبَ. Répétez délibérément le premier mot figé.
  • Pour les demandes polies, هَلْ يُمْكِنُني أَنْ …؟ et هَلْ يُمْكِنُكَ أَنْ …؟ vous porteront à travers presque tous les échanges de tous les jours. Mettez ces deux ouvertures en banque tout entières.
  • Si vous ne retrouvez pas un مصدر, vous n’en avez jamais besoin : après les verbes régissants de cette leçon, أَنْ + verbe marche toujours. Le مصدر est une économie, pas une obligation — la leçon 54 le démonte.
  • Ignorez pour l’instant la différence entre أَنْ et أَنَّ. Si le mot suivant est un مضارع c’est أَنْ, avec une fatha à la fin de ce verbe ; c’est tout ce qu’il vous faut jusqu’à la leçon 44.