Le jussif (apocopé) du présent
A2 المُضارِعُ المَجْزوم 35 / 70
En bref
Le présent a trois modes, et vous en possédez déjà deux. Le مَرْفوع simple يَدْرُسُ porte une damma ; le مَنْصوب يَدْرُسَ porte une fatha et apparaît après أَنْ، لَنْ، لِـ، حَتّى. Le troisième est le مَجْزوم, et sa terminaison est l’absence de terminaison — un soukoun : يَدْرُسْ. Comme le مَنْصوب, ce n’est jamais votre choix. Une particule se tient devant le verbe et la terminaison change ; voilà tout le mécanisme.
La particule à apprendre aujourd’hui est لَمْ, et elle fait quelque chose qui paraît à l’envers : elle vous met sous les yeux une forme du présent et nie le passé. لَمْ يَدْرُسْ c’est « il n’a pas étudié », mot à mot « pas-encore il-étudie ». Les mêmes terminaisons مَجْزوم sont le mécanisme derrière les ordres et les interdictions de la leçon suivante, donc les exercices que vous faites ici se paient deux fois.
La règle
1. La terminaison جَزْم : un soukoun là où était la damma. Prenez les cinq cases du présent qui se terminent par une consonne nue — les formes أَـ، تَـ، يَـ، نَـ — et ôtez la voyelle de la dernière lettre :
أَدْرُسُ → أَدْرُسْ، تَدْرُسُ → تَدْرُسْ، يَدْرُسُ → يَدْرُسْ، نَدْرُسُ → نَدْرُسْ.
Cela fait quatre formes distinctes pour cinq cases, parce que تَدْرُسْ sert à la fois أَنْتَ et هِيَ. Le soukoun est la marque du mode, exactement comme la fatha était la marque du مَنْصوب.
2. Les الأَفْعالُ الخَمْسَةُ laissent tomber leur ن — la même chute que vous avez déjà apprise. Les cinq formes qui se terminent par un نون — تَدْرُسينَ، تَدْرُسانِ، يَدْرُسانِ، تَدْرُسونَ، يَدْرُسونَ — perdent ce نون au مَجْزوم et se terminent par la seule voyelle longue : تَدْرُسي، تَدْرُسا، يَدْرُسا، تَدْرُسوا، يَدْرُسوا. Ce n’est pas une règle nouvelle. C’est la chute identique que vous avez rencontrée après أَنْ et لَنْ à la leçon 33, et les formes qui en résultent sont les mêmes lettre pour lettre. Le wāw du pluriel reçoit toujours son alif muet d’appui : يَدْرُسوا، لَمْ يَذْهَبوا.
3. Les deux pluriels féminins ne bougent jamais. تَدْرُسْنَ et يَدْرُسْنَ sont مَبْنِيّ — construits, figés. Ils sont les mêmes dans les trois modes : تَدْرُسُ / تَدْرُسَ / تَدْرُسْ changent, mais يَدْرُسْنَ est يَدْرُسْنَ après لَمْ, après أَنْ, et tout seul. Deux cases sur treize dont vous pouvez cesser de vous soucier.
4. Dites-le une fois et retenez-le : مَنْصوب et مَجْزوم ne diffèrent que dans les cases sans suffixe. Mettez les paradigmes côte à côte et huit des treize cases sont identiques — les six cases remplies par les الأَفْعالُ الخَمْسَةُ qui laissent tomber le ن et les deux figées. Dans un verbe sain, toute la différence visible entre « qu’il étudie » et « il n’a pas étudié » est fatha contre soukoun sur أَدْرُسَ/أَدْرُسْ، تَدْرُسَ/تَدْرُسْ، يَدْرُسَ/يَدْرُسْ، نَدْرُسَ/نَدْرُسْ — quatre formes pour cinq cases. Apprenez le جَزْم comme « le مَنْصوب dont on a enlevé la fatha aux quatre », et gardez en tête que dans un verbe faible le soukoun fait davantage, comme le montre le point 7.
5. لَمْ nie le passé, avec un verbe au présent. لَمْ يَدْرُسْ ≈ ما دَرَسَ — le même sens de base, « il n’a pas étudié ». L’arabe a deux façons de le dire et c’est celle qui domine l’usage moderne écrit et parlé soutenu : لَمْ plus un مَجْزوم. Deux conséquences suivent tout de suite. لَمْ ne peut jamais être suivi d’un verbe au passé (لَمْ دَرَسَ n’est pas de l’arabe), et le présent après lui n’est pas du tout un temps présent — le passé habite dans la particule. Si vous voulez la forme du passé du verbe, il faut changer de particule : ما دَرَسَ, c’est la leçon 37 avec لَنْ.
6. Deux autres particules qui provoquent le جَزْم — nommées maintenant, travaillées plus tard. لا النّاهِيَة, le « ne … pas » de l’interdiction : لا تَدْرُسْ « n’étudie pas » (par opposition à لا تَدْرُسُ « tu n’étudies pas » — le même لا à l’écrit, et seule la terminaison vous dit lequel). Et لامُ الأَمْرِ, le lām qui ordonne à une troisième personne : لِيَدْرُسْ « qu’il étudie ». Les deux sont la leçon 36, avec l’impératif proprement dit. Enregistrez la forme maintenant, pour que lorsque vous rencontrerez لا تَنْسَ vous reconnaissiez une forme de jussif plutôt qu’un verbe irrégulier. Une de plus, لَمّا « pas encore » (لَمّا يَصِلْ « il n’est pas encore arrivé »), prend aussi le جَزْم et attend la leçon 37.
7. Verbes faibles : le soukoun ne peut pas se poser sur une voyelle longue, donc c’est la voyelle qui s’en va. C’est là que le mode devient bruyant, et c’est le vrai contenu de cette leçon. Un soukoun veut dire « pas de voyelle ici », et un ي، و، ا final est une voyelle — les deux ne peuvent coexister. Donc :
- Finale faible (النّاقِص) : la lettre faible est supprimée et sa voyelle brève reste debout. يَمْشي → لَمْ يَمْشِ ; يَدْعو → لَمْ يَدْعُ ; يَنْسى → لَمْ يَنْسَ. Rien n’a été ajouté ; une lettre a été enlevée. Le verbe se termine maintenant par une consonne nue avec une kasra, une damma ou une fatha dessus, c’est pourquoi ces formes paraissent si courtes et surprennent les débutants.
- Creux (الأَجْوَف) : la voyelle longue du milieu se raccourcit, parce que la consonne finale porte maintenant un soukoun et que l’arabe ne tolère pas une voyelle longue immédiatement devant. يَقولُ → لَمْ يَقُلْ ; يَبيعُ → لَمْ يَبِعْ ; يَكونُ → لَمْ يَكُنْ ; يَخافُ → لَمْ يَخَفْ. La voyelle brève qui apparaît est la version brève de la longue : و → damma, ي → kasra, ا → fatha.
- Géminé (المُضَعَّف) : trois formes sont toutes correctes. لَمْ يَرُدَّ (fatha, la plus légère et la plus courante), لَمْ يَرُدِّ (kasra, d’après la règle générale ci-dessous), لَمْ يَرْدُدْ (la chadda défaite, les lettres doublées écrites en toutes lettres, le soukoun posé comme sur un verbe sain). Servez-vous de la première ; reconnaissez les deux autres.
8. Mais seulement là où la terminaison est un soukoun. Le raccourcissement du point 7 est causé par le soukoun, donc les cinq formes qui laissent tomber le ن — qui se terminent par une voyelle longue, pas un soukoun — gardent le verbe intact : لَمْ يَقولوا « ils n’ont pas dit », لَمْ تَبيعي « tu n’as pas vendu », لَمْ يَمْشوا « ils n’ont pas marché ». Comparez لَمْ يَقُلْ avec لَمْ يَقولوا et vous voyez les deux moitiés de la règle dans une seule paire. Devant le نون du pluriel féminin le radical est court pour la même raison qu’il l’est toujours : لَمْ يَقُلْنَ، لَمْ يَرْدُدْنَ.
9. Deux soukouns ne peuvent se rencontrer : اِلْتِقاءُ السّاكِنَيْنِ. Un jussif qui se termine par un soukoun, suivi d’un mot qui commence par هَمْزَةُ الوَصْلِ — surtout l’article الـ — vous donnerait deux consonnes sans voyelle d’affilée. L’arabe casse la collision en posant une kasra sur le verbe :
لَمْ يَقُلْ + الحَقيقَةَ → لَمْ يَقُلِ الحَقيقَةَ. لَمْ يَكُنْ + الطَّقْسُ → لَمْ يَكُنِ الطَّقْسُ. لَمْ يَدْرُسْ + الوَلَدُ → لَمْ يَدْرُسِ الوَلَدُ.
La kasra est une réparation de prononciation, pas un changement de mode : le verbe est toujours مَجْزوم. Vous avez vu la même réparation sur مِنْ devant l’article — مِنَ البَيْتِ — qui prend une fatha à la place ; celle-là est une exception lexicale que l’on apprend comme un mot, tandis que les verbes prennent la kasra par règle.
10. Dans un texte non vocalisé et à la pause, le soukoun est invisible. Écrits, يقل et يقول sont deux squelettes différents et vous voyez la différence ; écrit, يدرس est مَرْفوع, مَنْصوب et مَجْزوم à la fois, et seul لَمْ devant lui vous dit lequel. Dans الوَقْف — s’arrêter en fin de groupe — la damma finale tombe de toute façon, donc مَرْفوع et مَجْزوم sonnent identiques là aussi. La conclusion pratique : les verbes faibles et les cinq formes qui laissent tomber le ن sont là où le mode est réellement visible, à l’oral comme à l’écrit. Ce sont ceux-là à maîtriser. لَمْ يَقُلْ contre لَمْ يَقولوا, لَمْ يَمْشِ contre لَمْ يَمْشوا — un lecteur entend le mode là et nulle part ailleurs.
11. Ce qui est volontairement laissé de côté. L’impératif فِعْلُ الأَمْرِ (اُدْرُسْ), l’interdiction لا تَدْرُسْ et le vocatif sont la leçon 36 — ils se construisent sur les terminaisons d’aujourd’hui, c’est précisément pourquoi aujourd’hui vient d’abord. ما et لَنْ, et la comparaison complète de la négation du passé et du futur, sont la leçon 37. Les particules de condition إِنْ et مَنْ, qui mettent deux verbes au jussif à la fois, sont la leçon 56. Et les classes de verbes faibles reçoivent leur traitement systématique aux leçons 50 et 51 ; le tableau ci-dessous est le sous-ensemble de travail dont vous avez besoin pour lire une phrase de journal avec un لَمْ dedans.
Formes et structures
Les trois modes de دَرَسَ — يَدْرُسُ, les treize cases. Lisez-le en ligne : le mode n’est jamais visible qu’à l’extrême fin du mot.
| الضَّمير | مَرْفوع | مَنْصوب | مَجْزوم |
|---|---|---|---|
| أَنا | أَدْرُسُ | أَدْرُسَ | أَدْرُسْ |
| أَنْتَ | تَدْرُسُ | تَدْرُسَ | تَدْرُسْ |
| أَنْتِ | تَدْرُسينَ | تَدْرُسي | تَدْرُسي |
| أَنْتُما | تَدْرُسانِ | تَدْرُسا | تَدْرُسا |
| أَنْتُمْ | تَدْرُسونَ | تَدْرُسوا | تَدْرُسوا |
| أَنْتُنَّ | تَدْرُسْنَ | تَدْرُسْنَ | تَدْرُسْنَ |
| هُوَ | يَدْرُسُ | يَدْرُسَ | يَدْرُسْ |
| هِيَ | تَدْرُسُ | تَدْرُسَ | تَدْرُسْ |
| هُما (مُذَكَّر) | يَدْرُسانِ | يَدْرُسا | يَدْرُسا |
| هُما (مُؤَنَّث) | تَدْرُسانِ | تَدْرُسا | تَدْرُسا |
| هُمْ | يَدْرُسونَ | يَدْرُسوا | يَدْرُسوا |
| هُنَّ | يَدْرُسْنَ | يَدْرُسْنَ | يَدْرُسْنَ |
| نَحْنُ | نَدْرُسُ | نَدْرُسَ | نَدْرُسْ |
Les deux dernières colonnes sont identiques sauf là où la forme n’a pas de suffixe — les formes أَـ، تَـ، يَـ، نَـ, quatre d’entre elles pour cinq cases. Couvrez la colonne du milieu et vous avez le paradigme de la leçon 33.
Verbes faibles et géminés, 3e personne du masculin singulier — les formes où le جَزْم s’entend :
| الفِعْل | النَّوْع | المُضارِعُ المَرْفوع | مَعَ لَمْ | Traduction |
|---|---|---|---|---|
| مَشى | ناقِص (م ش ي) | يَمْشي | لَمْ يَمْشِ | il n’a pas marché |
| نَسِيَ | ناقِص (ن س ي) | يَنْسى | لَمْ يَنْسَ | il n’a pas oublié |
| دَعا | ناقِص (د ع و) | يَدْعو | لَمْ يَدْعُ | il n’a pas invité |
| قالَ | أَجْوَف (ق و ل) | يَقولُ | لَمْ يَقُلْ | il n’a pas dit |
| باعَ | أَجْوَف (ب ي ع) | يَبيعُ | لَمْ يَبِعْ | il n’a pas vendu |
| كانَ | أَجْوَف (ك و ن) | يَكونُ | لَمْ يَكُنْ | il n’était pas |
| خافَ | أَجْوَف (خ و ف) | يَخافُ | لَمْ يَخَفْ | il n’a pas eu peur |
| رَدَّ | مُضَعَّف (ر د د) | يَرُدُّ | لَمْ يَرُدَّ / يَرُدِّ / يَرْدُدْ | il n’a pas répondu |
Les mêmes deux verbes à travers les personnes, pour que vous voyiez le raccourcissement s’éteindre tout seul dès que le mot se termine par une voyelle longue plutôt que par un soukoun :
| الضَّمير | قالَ - يَقولُ | مَشى - يَمْشي |
|---|---|---|
| أَنا | لَمْ أَقُلْ | لَمْ أَمْشِ |
| أَنْتَ | لَمْ تَقُلْ | لَمْ تَمْشِ |
| أَنْتِ | لَمْ تَقولي | لَمْ تَمْشي |
| هُوَ | لَمْ يَقُلْ | لَمْ يَمْشِ |
| هِيَ | لَمْ تَقُلْ | لَمْ تَمْشِ |
| هُما | لَمْ يَقولا | لَمْ يَمْشِيا |
| هُمْ | لَمْ يَقولوا | لَمْ يَمْشوا |
| هُنَّ | لَمْ يَقُلْنَ | لَمْ يَمْشينَ |
| نَحْنُ | لَمْ نَقُلْ | لَمْ نَمْشِ |
Les trois particules qui provoquent le جَزْم sur un seul verbe. Seule la première est à vous aujourd’hui :
| الأَداة | الوَظيفَة | مِثال | Traduction |
|---|---|---|---|
| لَمْ | نَفْيُ الماضِي | لَمْ يَدْرُسْ | il n’a pas étudié |
| لا النّاهِيَة | النَّهْيُ | لا تَدْرُسْ | n’étudie pas |
| لامُ الأَمْرِ | الأَمْرُ لِلْغائِبِ | لِيَدْرُسْ | qu’il étudie |
Les deux lignes du bas sont la leçon 36 et ne sont là que pour la reconnaissance ; la forme verbale y est le même مَجْزوم que vous venez de tabuler.
Exemples
| العربية | Français |
|---|---|
| لَمْ يَدْرُسْ أَخي أَمْسِ. | Mon frère n’a pas étudié hier. |
| لَمْ نَذْهَبْ إِلَى السّوقِ هٰذا الصَّباحَ. | Nous ne sommes pas allés au marché ce matin. |
| لِماذا لَمْ تَكْتُبي الرِّسالَةَ؟ | Pourquoi n’as-tu pas écrit la lettre ? |
| الطُّلّابُ لَمْ يَفْهَموا السُّؤالَ. | Les étudiants n’ont pas compris la question. |
| لَمْ يَقُلِ الوَزيرُ شَيْئًا لِلصُّحُفِيّينَ. | Le ministre n’a rien dit aux journalistes. |
| لَمْ يَكُنِ الطَّقْسُ جَميلًا أَمْسِ. | Le temps n’était pas beau hier. |
| لَمْ أَنْسَ رَقْمَ هاتِفِكَ. | Je n’ai pas oublié ton numéro de téléphone. |
| التّاجِرُ لَمْ يَبِعْ سَيّارَتَهُ القَديمَةَ. | Le marchand n’a pas vendu sa vieille voiture. |
| لَمْ يَمْشِ الوَلَدُ إِلَى المَدْرَسَةِ اليَوْمَ. | Le garçon n’a pas marché jusqu’à l’école aujourd’hui. |
| لَمْ يَرُدَّ صَديقي عَلى رِسالَتي. | Mon ami n’a pas répondu à mon message. |
| البَناتُ لَمْ يَدْرُسْنَ فِي المَكْتَبَةِ. | Les filles n’ont pas étudié à la bibliothèque. |
| لَمْ نَدْعُ أَحَدًا إِلَى البَيْتِ. | Nous n’avons invité personne à la maison. |
| الطّالِبانِ لَمْ يَكْتُبا الواجِبَ. | Les deux étudiants n’ont pas écrit les devoirs. |
| لَمْ يَخَفِ الأَطْفالُ مِنَ الكَلْبِ الكَبيرِ. | Les enfants n’ont pas eu peur du gros chien. |
Erreurs fréquentes
- لَمْ يَدْرُسُ -> لَمْ يَدْرُسْ — لَمْ est une particule de jussif, donc la damma de l’indicatif ne peut pas lui survivre. Soukoun, toujours.
- لَمْ دَرَسَ -> لَمْ يَدْرُسْ — لَمْ prend un verbe au présent et en fait un sens passé. Il ne peut jamais se tenir devant une forme du passé ; si vous voulez دَرَسَ, le négateur est ما.
- لَمْ يَدْرُسَ -> لَمْ يَدْرُسْ — la fatha est le مَنْصوب, qui appartient à أَنْ، لَنْ، لِـ، حَتّى. Autre particule, autre terminaison.
- لَمْ يَذْهَبونَ -> لَمْ يَذْهَبوا — les الأَفْعالُ الخَمْسَةُ laissent tomber leur ن au مَجْزوم exactement comme au مَنْصوب, et l’alif muet s’écrit après le wāw.
- لَمْ تَدْرُسينَ -> لَمْ تَدْرُسي — la même chute au féminin singulier. Ce qui reste, c’est le ي long tout seul.
- لَمْ يَقولْ -> لَمْ يَقُلْ — un soukoun ne peut pas suivre une voyelle longue, donc le و du verbe creux se raccourcit en damma. Le و écrit disparaît avec lui.
- لَمْ يَكونْ -> لَمْ يَكُنْ — le même type de verbe, et l’un des jussifs les plus fréquents de la langue. Apprenez لَمْ يَكُنْ comme un bloc.
- لَمْ يَمْشي -> لَمْ يَمْشِ — dans un verbe à finale faible la lettre faible est entièrement supprimée et seule sa voyelle brève reste. Le mot est vraiment aussi court.
- لَمْ يَنْسى -> لَمْ يَنْسَ — règle identique avec un ى final : l’alif maqṣūra s’en va, la fatha reste.
- لَمْ يَقُلْ الحَقيقَةَ -> لَمْ يَقُلِ الحَقيقَةَ — le soukoun du verbe heurte la hamza de liaison de الـ, et l’arabe le résout par une kasra sur le verbe. Le mode n’a pas changé.
Conseils
- Travaillez-le comme une transformation, pas comme un nouveau paradigme : dites la forme مَنْصوب, puis ôtez la fatha. أَدْرُسَ → أَدْرُسْ. Huit des treize cases n’ont besoin d’aucune transformation.
- Ne perdez pas d’entraînement sur des verbes sains comme دَرَسَ et كَتَبَ — dans les cases sans suffixe leur jussif est invisible dans un texte ordinaire. Passez le temps sur قالَ، كانَ، مَشى، نَسِيَ، رَأى، دَعا, où la forme s’effondre visiblement et où une mauvaise réponse s’entend tout de suite.
- Astuce mnémotechnique pour les verbes faibles : le jussif est la forme courte. Tout ce que le verbe a de raccourcissable — un ي/و/ى final, une voyelle longue médiane — le jussif l’enlève, mais seulement dans les cases qui se terminent par un soukoun.
- لَمْ يَكُنْ mérite sa propre fiche. Il porte « il n’y avait pas… », « il n’était pas… » et, avec un participe ou un présent qui suit, l’essentiel de la négation du passé dans la presse.
- Quand vous n’êtes pas sûr d’un jussif faible, reformulez avec ما plus le passé : ما مَشى est une phrase parfaitement correcte et vous gagne du temps le temps que لَمْ يَمْشِ se fixe.
- À la lecture à voix haute, guettez l’article après un jussif et glissez dans la kasra : لَمْ يَقُلِ الحَقيقَةَ, pas un arrêt net entre les deux mots.
- Avec رَدَّ et ses confrères géminés, choisissez لَمْ يَرُدَّ et tenez-vous-y. Les deux autres formes sont correctes mais vous n’avez besoin que de les reconnaître.
- Ignorez pour l’instant ce que le jussif fait d’autre. Dans les phrases conditionnelles il apparaît deux fois dans une même phrase sans aucune négation en vue ; c’est la leçon 56, et cela aura du sens une fois les terminaisons automatiques.