Le duel
A1 المُثَنّى 12 / 70
En bref
Le français compte par deux : un, deux, plusieurs. L’arabe compte par trois : un, exactement deux, trois ou plus. « Exactement deux » ne se construit pas avec un numéral — c’est bâti dans le nom lui-même. Ajoutez ـانِ à كِتابٌ et vous obtenez كِتابانِ, et ce seul mot veut déjà dire « deux livres ». Il n’y a pas de mot pour « deux » dedans, et il n’en faut pas. Ce troisième nombre s’appelle المُثَنّى, le duel, et ce n’est pas un ornement de grand style : il est obligatoire. Dire كُتُبٌ quand on veut dire deux livres est aussi faux que de dire « livre » quand on en veut plusieurs.
La bonne nouvelle, c’est que le duel est le coin le plus rangé de la morphologie arabe. Tous les noms de la langue le forment de la même façon, sans schèmes brisés et à peine une poignée d’exceptions, et il n’a que deux terminaisons au lieu de trois : ـانِ pour le cas sujet, ـَيْنِ pour tout le reste. Le travail n’est pas de construire la forme — c’est de se souvenir de s’en servir, et d’entraîner avec lui tout ce qui doit s’accorder : l’adjectif, le pronom, le verbe.
La règle
1. Deux terminaisons, pas trois. Les noms au singulier ont trois terminaisons de cas ; le duel les fusionne en deux. Le nominatif (مَرْفوع) se termine par ـانِ ; l’accusatif (مَنْصوب) et le génitif (مَجْرور) partagent une terminaison, ـَيْنِ :
- كِتابٌ -> كِتابانِ (nominatif) / كِتابَيْنِ (accusatif et génitif)
- طالِبٌ -> طالِبانِ / طالِبَيْنِ
On emploie donc كِتابانِ quand le mot est le sujet d’une phrase, et كِتابَيْنِ quand c’est un complément d’objet ou qu’il suit une préposition :
- عَلَى الطّاوِلَةِ كِتابانِ. — deux livres sont sur la table (sujet)
- قَرَأْتُ كِتابَيْنِ. — j’ai lu deux livres (complément d’objet)
- فِي كِتابَيْنِ — dans deux livres (après une préposition)
Remarquez la voyelle du ن : c’est une kasra dans les deux formes — ـانِ، ـَيْنِ. Le pluriel sain masculin de la leçon 9 se ressemble mais y met une fatha — ـونَ، ـينَ. Nūn du duel = kasra, nūn du pluriel = fatha. Ce seul contraste tient المُعَلِّمانِ (« les deux professeurs ») à l’écart de المُعَلِّمونَ (« les professeurs »).
2. Le construire : prenez le singulier, ôtez le tanwīn, ajoutez la terminaison. Il n’y a rien d’autre à faire. Le duel ne prend jamais de tanwīn — dans aucun cas, jamais — et l’article ne change rien à la terminaison :
- بَيْتٌ -> بَيْتانِ / بَيْتَيْنِ ; البَيْتانِ / البَيْتَيْنِ
- قَلَمٌ -> قَلَمانِ / قَلَمَيْنِ ; القَلَمانِ / القَلَمَيْنِ
Un seul changement d’orthographe, et un seul : un nom féminin qui se termine par ة ouvre ce ة en un ت plein avant la terminaison, parce qu’il n’est plus à la fin du mot :
- مُعَلِّمَةٌ -> مُعَلِّمَتانِ / مُعَلِّمَتَيْنِ
- سَيّارَةٌ -> سَيّارَتانِ / سَيّارَتَيْنِ
- مَدينَةٌ -> مَدينَتانِ / مَدينَتَيْنِ
Une petite famille de noms très courts ramène une lettre faible que le singulier avait perdue : أَبٌ -> أَبَوانِ، أَخٌ -> أَخَوانِ. Apprenez ces deux-là comme ils viennent ; ce n’est pas un schème productif.
3. Le duel est obligatoire — il n’y a pas de locution « deux livres ». C’est le point qui décide si votre arabe sonne natif. Là où le français a besoin d’un numéral, l’arabe a besoin d’une forme :
| Traduction | En arabe |
|---|---|
| deux livres | كِتابانِ |
| deux professeures | مُعَلِّمَتانِ |
| les deux maisons | البَيْتانِ |
| les deux mains | اليَدانِ |
On ne dit jamais اِثْنانِ كُتُبٍ, « deux livres », comme on le ferait en français. Le pluriel كُتُبٌ veut dire trois ou plus, donc l’employer pour une paire est une vraie erreur, pas un choix de style. Et là où le français dit « les deux », l’arabe dit d’ordinaire simplement le duel : رَأَيْتُ الوَلَدَيْنِ couvre aussi bien « J’ai vu les deux garçons » que « Je les ai vus tous les deux ». (Il existe un mot dédié pour « tous les deux », كِلا / كِلْتا, mais il va avec les quantifieurs à la leçon 42.)
4. اِثْنانِ n’ajoute que de l’insistance. Le numéral اِثْنانِ / اِثْنَتانِ existe, et il se décline comme n’importe quel duel (اِثْنَيْنِ / اِثْنَتَيْنِ dans les autres cas). Mais il ne compte pas le nom comme le « deux » français. Il vient après le nom déjà au duel et insiste simplement sur le nombre :
- طالِبانِ اثْنانِ فَقَطْ — seulement deux étudiants, pas plus
- سَأَلْتُ رَجُلَيْنِ اثْنَيْنِ — j’ai demandé à deux hommes (exactement deux)
Ôtez-le et vous ne perdez que l’insistance. Tous les autres nombres se comportent de façon tout à fait différente et sont l’affaire de la leçon 26.
5. Les adjectifs passent au duel eux aussi — et la leçon 11 ne s’applique pas ici. Un adjectif s’accorde avec son nom en nombre, genre, cas et défini (leçon 8), et « duel » est un nombre comme un autre :
- كِتابانِ جَديدانِ — deux nouveaux livres
- الطّالِبَتانِ الجَديدَتانِ — les deux nouvelles étudiantes
- اِشْتَرَيْتُ قَميصَيْنِ أَبْيَضَيْنِ — j’ai acheté deux chemises blanches
La leçon précédente vous a enseigné que les pluriels non raisonnables prennent l’accord au féminin singulier — كُتُبٌ جَديدَةٌ. Cette règle ne concerne que les pluriels. Un duel n’est jamais traité comme un féminin singulier, si inanimé que soit le nom, donc كِتابانِ جَديدَةٌ est faux et كِتابانِ جَديدانِ est juste. Il en va de même des verbes : السَّيّارَتانِ تَقِفانِ أَمامَ البَيْتِ, et non تَقِفُ.
6. Pronoms : هُما et أَنْتُما — et pas de duel féminin. Les pronoms indépendants de la leçon 6 ont des membres duels, et les pronoms affixes de la leçon 7 ont des terminaisons correspondantes :
- هُما — eux deux, les deux genres
- أَنْتُما — vous deux, les deux genres
- ـهُما — leur (à eux deux), eux deux : كِتابُهُما، مَعَهُما
- ـكُما — votre (à vous deux), vous deux : بَيْتُكُما، لَكُما
C’est là que la scission masculin/féminin habituelle de l’arabe disparaît. هُما sert deux hommes, deux femmes et un de chaque ; أَنْتُما de même. Il n’y a pas de هُنَّما ni de suffixe féminin séparé. Les noms et les adjectifs montrent encore le genre au duel (طالِبانِ contre طالِبَتانِ) — ce sont les pronoms qui y renoncent. Il n’y a pas non plus de duel de première personne du tout : deux personnes qui parlent disent نَحْنُ, le pluriel ordinaire.
Le suffixe ـهُما suit la même règle d’harmonie vocalique que ـهُ : après une kasra ou un يْ il devient ـهِما — عَلَيْهِما، فيهِما، بِهِما، إِلَيْهِما، مِنْ بَيْتِهِما.
7. Le verbe : un cadre pour l’instant. Les verbes ont aussi des formes de duel, et à la 3e personne ils gardent la distinction de genre à laquelle les pronoms ont renoncé — pas dans la terminaison du présent, qui est ـانِ dans les deux cas, mais dans le préfixe (la 2e personne, أَنْتُما, reste de genre commun comme son pronom) :
- هُما يَكْتُبانِ — eux deux (masc.) écrivent
- هُما تَكْتُبانِ — elles deux (fém.) écrivent
- أَنْتُما تَكْتُبانِ — vous deux écrivez
Reconnaissez ces trois-là ; le tableau complet du présent est la leçon 14, et le passé (كَتَبا، كَتَبَتا، كَتَبْتُما) est la leçon 18. Ce qui compte ici, c’est seulement qu’un sujet au duel force un verbe au duel : الوَلَدانِ يَلْعَبانِ, jamais يَلْعَبونَ et jamais يَلْعَبُ.
8. Le ن tombe dans l’iḍāfa (إِضافَة). Quand un nom au duel est le premier terme d’un état d’annexion, son ن tombe — exactement comme le pluriel sain masculin perd son ن. Il reste كِتابا (issu de كِتابانِ) et كِتابَيْ (issu de كِتابَيْنِ) :
- كِتابا الطّالِبِ — les deux livres de l’étudiant (nominatif)
- والِدا مُحَمَّدٍ — les parents de Mohamed
- عَيْنا الطِّفْلِ — les yeux de l’enfant
- فِي يَدَيْ مُحَمَّدٍ — dans les mains de Mohamed (génitif, donc ـَيْ)
Quand ce ـَيْ rencontre un الـ qui suit, il prend une kasra pour lier les deux mots : قَرَأْتُ كِتابَيِ الطّالِبِ. Un pronom affixe est un second terme lui aussi, donc le ن tombe aussi devant lui — كِتاباهُما، سَيّارَتاكُما، قَلَمَيْهِ — et avec ـي les deux voyelles se contractent en أَخَوايَ au nominatif et أَخَوَيَّ dans les deux autres cas. La construction elle-même — pourquoi le premier mot ne prend pas d’article et le second va au génitif — est la leçon 20 ; ici, enregistrez seulement que le ن manquant est un signal, pas une faute de frappe.
9. Les parties du corps appariées sont naturellement au duel. Tout ce dont le corps a deux exemplaires se dit d’ordinaire au duel, et l’arabe tend la main vers le duel là où le français tend la main vers un pluriel :
عَيْنانِ (yeux)، يَدانِ (mains)، رِجْلانِ (jambes)، أُذُنانِ (oreilles)، قَدَمانِ (pieds)، شَفَتانِ (lèvres)، كَتِفانِ (épaules)
Le français dit « il a ouvert les yeux », mais l’arabe compte : deux yeux, donc le duel. Le même instinct couvre les paires naturelles hors du corps — والِدانِ (parents)، جَناحانِ (ailes) — tandis que tout ce que la langue voit comme un seul objet reste au singulier, comme سِرْوالٌ pour un pantalon.
10. Dans les dialectes le duel est beaucoup plus étroit. L’arabe dialectal égyptien, levantin et du Golfe met encore une terminaison de duel sur les noms — يَوْمينْ، كِتابينْ، إيدينْ — le plus volontiers sur les mots de temps, les mesures et les dénombrables du quotidien, même si un nombre plus un pluriel est souvent préféré à la place. Ce que les dialectes ont lâché, c’est l’accord : l’adjectif, le verbe et le pronom passent au pluriel, pas au duel. L’arabe maghrébin va plus loin et dit d’ordinaire زوجْ (« paire ») plus un pluriel. L’arabe écrit et soutenu n’a suivi rien de tout cela : en fusḥā الفُصْحى le duel est pleinement vivant, pleinement obligatoire et entraîne tout son accord avec lui, donc ne laissez pas une habitude dialectale vous en dissuader.
Formes et structures
Les noms — tout le système, masculin et féminin :
| المُفْرَد | مَرْفوع | مَنْصوب ومَجْرور | Traduction |
|---|---|---|---|
| كِتابٌ | كِتابانِ | كِتابَيْنِ | deux livres |
| طالِبٌ | طالِبانِ | طالِبَيْنِ | deux étudiants |
| بَيْتٌ | بَيْتانِ | بَيْتَيْنِ | deux maisons |
| قَلَمٌ | قَلَمانِ | قَلَمَيْنِ | deux stylos |
| مُعَلِّمَةٌ | مُعَلِّمَتانِ | مُعَلِّمَتَيْنِ | deux professeures |
| سَيّارَةٌ | سَيّارَتانِ | سَيّارَتَيْنِ | deux voitures |
| مَدينَةٌ | مَدينَتانِ | مَدينَتَيْنِ | deux villes |
| أَخٌ | أَخَوانِ | أَخَوَيْنِ | deux frères |
Avec l’article, rien ne change à la terminaison :
| نَكِرَة | مَعْرِفَة |
|---|---|
| وَلَدانِ | الوَلَدانِ |
| وَلَدَيْنِ | الوَلَدَيْنِ |
| مُعَلِّمَتانِ | المُعَلِّمَتانِ |
| مُعَلِّمَتَيْنِ | المُعَلِّمَتَيْنِ |
Nom plus adjectif, les quatre combinaisons :
| مَرْفوع | مَنْصوب ومَجْرور | |
|---|---|---|
| indéfini, masc. | كِتابانِ جَديدانِ | كِتابَيْنِ جَديدَيْنِ |
| défini, masc. | الكِتابانِ الجَديدانِ | الكِتابَيْنِ الجَديدَيْنِ |
| indéfini, fém. | مُعَلِّمَتانِ نَشيطَتانِ | مُعَلِّمَتَيْنِ نَشيطَتَيْنِ |
| défini, fém. | الطّالِبَتانِ الجَديدَتانِ | الطّالِبَتَيْنِ الجَديدَتَيْنِ |
La grille des pronoms, avec la colonne du duel remplie :
| مُفْرَد | مُثَنّى | جَمْع | |
|---|---|---|---|
| هُوَ | هُوَ | هُما | هُمْ |
| هِيَ | هِيَ | هُما | هُنَّ |
| أَنْتَ | أَنْتَ | أَنْتُما | أَنْتُمْ |
| أَنْتِ | أَنْتِ | أَنْتُما | أَنْتُنَّ |
| أَنا | أَنا | - | نَحْنُ |
Pronoms affixes, singulier à côté du duel :
| مُفْرَد | مُثَنّى |
|---|---|
| كِتابُهُ / كِتابُها | كِتابُهُما |
| كِتابُكَ / كِتابُكِ | كِتابُكُما |
| لَهُ، مَعَهُ، مِنْهُ | لَهُما، مَعَهُما، مِنْهُما |
| عَلَيْهِ، فيهِ، بِهِ | عَلَيْهِما، فيهِما، بِهِما |
Le cadre verbal — reconnaissance seulement, les tableaux sont les leçons 14 et 18 :
| Sujet | المُضارِع |
|---|---|
| هُما (masc.) | يَكْتُبانِ |
| هُما (fém.) | تَكْتُبانِ |
| أَنْتُما | تَكْتُبانِ |
Le ن du duel à l’intérieur d’une إِضافَة :
| Libre | Dans une إِضافَة |
|---|---|
| كِتابانِ | كِتابا الطّالِبِ |
| كِتابَيْنِ | كِتابَيِ الطّالِبِ |
| والِدانِ | والِدا مُحَمَّدٍ / والِدايَ |
| يَدانِ | يَدا الرَّجُلِ |
| عَيْنَيْنِ | عَيْنَيِ الطِّفْلِ / عَيْنَيْهِ |
Exemples
| العربية | Français |
|---|---|
| عَلَى الطّاوِلَةِ كِتابانِ جَديدانِ. | Il y a deux nouveaux livres sur la table. |
| قَرَأْتُ كِتابَيْنِ فِي الأُسْبوعِ الماضي. | J’ai lu deux livres la semaine dernière. |
| الطّالِبَتانِ الجَديدَتانِ فِي الصَّفِّ. | Les deux nouveaux étudiants sont dans la salle de classe. |
| سَأَلْتُ الطّالِبَيْنِ عَنِ الدَّرْسِ. | J’ai demandé aux deux étudiants au sujet de la leçon. |
| هُما مُهَنْدِسانِ مِصْرِيّانِ. | Tous les deux sont ingénieurs égyptiens. |
| أَنْتُما طالِبَتانِ مُجْتَهِدَتانِ. | Vous deux êtes des étudiants travailleurs. |
| سَيّارَتُهُما أَمامَ البَيْتِ. | Leur voiture est devant la maison. |
| الوَلَدانِ يَكْتُبانِ الدَّرْسَ. | Les deux garçons écrivent la leçon. |
| عَيْنا الطِّفْلِ زَرْقاوانِ. | Les yeux de l’enfant sont bleus. |
| والِدا صَديقي مِنْ لُبْنانَ. | Les parents de mon ami sont du Liban. |
| اِشْتَرَيْتُ قَميصَيْنِ أَبْيَضَيْنِ. | J’ai acheté deux chemises blanches. |
| فِي الغُرْفَةِ نافِذَتانِ كَبيرَتانِ. | Il y a deux grandes fenêtres dans la pièce. |
| طالِبانِ اثْنانِ فَقَطْ فِي المَكْتَبَةِ. | Il n’y a que deux étudiants à la bibliothèque. |
| تَحَدَّثْتُ مَعَهُما أَمْسِ. | J’ai parlé avec eux deux hier. |
Erreurs fréquentes
- عَلَى الطّاوِلَةِ كِتابَيْنِ. -> عَلَى الطّاوِلَةِ كِتابانِ. — un sujet est مَرْفوع, donc il prend ـانِ. Les apprenants se rabattent sur ـَيْنِ parce que c’est la forme qu’ils entendent dans اِثْنَيْنِ et dans le jour de la semaine الاثْنَيْنِ.
- رَأَيْتُ كِتابانِ. -> رَأَيْتُ كِتابَيْنِ. — un complément d’objet direct est مَنْصوب, et le duel écrit مَنْصوب et مَجْرور de la même façon.
- اِثْنانِ كُتُبٍ -> كِتابانِ — l’arabe n’a pas de locution « deux + pluriel ». Le nombre vit à l’intérieur du nom, et كُتُبٌ commence à trois.
- كِتابانِ جَديدَةٌ -> كِتابانِ جَديدانِ — l’accord au féminin singulier de la leçon 11 est pour les pluriels non raisonnables seulement. Un duel s’accorde toujours comme un duel.
- مُعَلِّمَةانِ -> مُعَلِّمَتانِ — le ة n’est plus final, donc il s’ouvre en un ت écrit.
- الطّالِبَتانِ جَديدَتانِ (au sens de « les deux nouvelles étudiantes ») -> الطّالِبَتانِ الجَديدَتانِ — un adjectif épithète copie l’article aussi ; sans lui le groupe est une phrase, « les deux étudiantes sont nouvelles ».
- هُمْ طالِبانِ. -> هُما طالِبانِ. — هُمْ c’est trois ou plus. Deux personnes sont toujours هُما, quel que soit leur genre.
- بَيْتُهُمْ (de deux personnes) -> بَيْتُهُما — le même faux pas sur le pronom affixe ; et après une kasra il devient بَيْتِهِما.
- هُما يَكْتُبونَ -> هُما يَكْتُبانِ — un sujet au duel prend un verbe au duel, jamais le pluriel.
- كِتابانِ الطّالِبِ -> كِتابا الطّالِبِ — le ن du duel tombe devant le second terme d’une إِضافَة.
Conseils
- Apprenez les deux terminaisons comme une paire de sons, ـانِ et ـَيْنِ, et attachez-les à n’importe quel nom. À part la poignée أَبَوانِ / أَخَوانِ, il n’y a pas de duels irréguliers à mémoriser — tout le système, ce sont ces deux syllabes.
- Testez-vous avec la question sujet/complément, pas avec un terme de grammaire : ce mot est-il en train de faire quelque chose (ـانِ) ou en train de subir quelque chose, ou assis après une préposition (ـَيْنِ) ?
- Le duel est la seule terminaison que l’on voit encore dans un texte ordinaire non vocalisé, parce qu’elle s’écrit avec des lettres : ان et ين. En lisant معلمين, en revanche, il faut décider entre le duel مُعَلِّمَيْنِ et le pluriel sain مُعَلِّمينَ — lire un texte non vocalisé, dans le guide de lecture et de prononciation, est exactement ce jeu de conjectures.
- Dites « kasra sur le nūn » à voix haute quelques fois. Duel ـانِ / ـَيْنِ contre pluriel ـونَ / ـينَ, c’est toute la différence à l’oral.
- Prenez l’habitude de tout doubler en aval. Si le nom passe au duel, l’adjectif, le pronom et le verbe suivent automatiquement — ce réflexe vaut plus que la terminaison elle-même.
- Le vocabulaire des parties du corps est un entraînement gratuit : عَيْنانِ، يَدانِ، رِجْلانِ، أُذُنانِ sont duels par nature, donc les travailler c’est travailler le schème.
- Ignorez اِثْنانِ pour l’instant, et ignorez كِلا / كِلْتا entièrement. Deux de n’importe quoi, c’est le duel nu ; les mots en plus n’ajoutent qu’une insistance dont vous n’avez pas encore besoin.
- Les démonstratifs (هٰذانِ، هاتانِ) et les pronoms relatifs (اللَّذانِ، اللَّتانِ) ont des formes de duel avec le même basculement ـانِ / ـَيْنِ. Vous les rencontrerez aux leçons 13 et 39 — la terminaison sera déjà familière.