Des verbes qui remodèlent la phrase : zanna et kada
B2 ظَنَّ وأَخَواتُها وكادَ وأَخَواتُها 59 / 70
En bref
Les leçons 43 et 44 vous ont montré deux machines qui prennent une phrase sans verbe et en recasent les mots : كانَ laisse le premier mot مَرْفوع et pousse le second à l’accusatif, إِنَّ fait le miroir. Cette leçon ajoute les deux dernières machines de ce type. ظَنَّ وأَخَواتُها avalent toute la phrase nominale et transforment ses deux parties en accusatifs — الجَوُّ جَميلٌ devient ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا. كادَ وأَخَواتُها gardent la première partie مَرْفوع et exigent que le prédicat soit un verbe مُضارِع plutôt qu’un nom — كِدْتُ أَسْقُطُ, « j’ai failli tomber ».
Ils partagent une page parce qu’ils partagent une habitude : chacun prend une phrase que vous savez déjà construire et en tord les terminaisons. Le travail est à trois endroits — se souvenir que ظَنَّ veut deux accusatifs et non un, se souvenir quelle sœur de كادَ insiste sur أَنْ et laquelle l’interdit, et survivre à deux radicaux gênants (ظَنَّ est géminé, كادَ est creux) qui se reforment dès qu’un suffixe commence par une consonne.
La règle
1. ظَنَّ avale une phrase nominale et sort deux compléments. Partez de n’importe quel مُبْتَدَأ plus خَبَر, placez l’un de ces verbes devant, et les deux mots passent مَنْصوب :
الجَوُّ جَميلٌ. → ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا. — « je pensais que le temps était beau. »
La grammaire traditionnelle appelle les deux mots مَفْعولانِ أَصْلُهُما المُبْتَدَأُ والخَبَر — « deux compléments dont l’origine est le sujet et le prédicat ». Gardez ce nom, parce qu’il vous donne le test : si les deux mots ne forment pas une phrase à eux seuls, ce n’est pas une paire ظَنَّ. الجَوُّ جَميلٌ est une phrase, donc ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا marche ; الكِتابُ الجَديدُ n’est qu’un nom plus son adjectif, donc *ظَنَنْتُ الكِتابَ الجَديدَ ne dit rien.
2. Les membres dont vous avez vraiment besoin. La liste traditionnelle est longue et la moitié en est morte. Ces huit-là portent l’arabe moderne :
ظَنَّ، حَسِبَ، وَجَدَ، رَأى، عَلِمَ، اِعْتَبَرَ، جَعَلَ، اِتَّخَذَ
Ils tombent en trois groupes de sens, et les grouper est plus facile que de les lister :
- le tenir pour probable — ظَنَّ « penser, supposer », حَسِبَ « estimer, prendre pour ». Le locuteur peut se tromper, et très souvent il se trompe.
- savoir ou juger que c’est ainsi — عَلِمَ « savoir (être) », وَجَدَ « trouver (être) » rapportent un fait ; رَأى « juger, regarder comme », اِعْتَبَرَ « considérer, compter pour » délivrent un verdict.
- transformer X en Y — جَعَلَ « faire devenir », اِتَّخَذَ « prendre pour ». Ici le second accusatif est un résultat, pas une opinion.
3. Les deux compléments sont مَنْصوب, et l’ordre est fixe. Le premier accusatif est la chose jugée, le second est le jugement : اِعْتَبَرْتُ القَرارَ خَطَأً. Inversez-les et vous inversez le sens, exactement comme en anglais « I consider the decision a mistake » contre « I consider the mistake a decision ». Le second complément peut aussi être un groupe de mots ou une proposition, et alors il n’y a aucune terminaison à changer : ظَنَنْتُهُ في المَكْتَبِ. / ظَنَنْتُ الطَّبيبَ يَنْتَظِرُني.
Le premier complément est souvent un pronom suffixe — ظَنَنْتُهُ نائِمًا « je pensais qu’il dormait », وَجَدْتُها مُغْلَقَةً « je l’ai trouvée (fém.) fermée ». Le pronom fait office d’accusatif, exactement comme à la leçon 29 ; seul le second mot montre encore une fatha visible.
4. La moitié de ces verbes mène une double vie. رَأى، وَجَدَ، عَلِمَ et جَعَلَ sont aussi des verbes transitifs ordinaires, et avec un complément ils veulent dire tout autre chose :
| Un complément | Deux compléments |
|---|---|
| رَأَيْتُ الرَّجُلَ. — j’ai vu l’homme (de mes yeux). | رَأَيْتُ الرَّجُلَ صادِقًا. — j’ai jugé l’homme sincère. |
| وَجَدْتُ المِفْتاحَ. — j’ai trouvé la clé (elle était perdue). | وَجَدْتُ الدَّرْسَ سَهْلًا. — j’ai trouvé la leçon facile. |
| عَلِمْتُ الخَبَرَ. — j’ai appris la nouvelle. | عَلِمْتُ الخَبَرَ صَحيحًا. — j’ai su que la nouvelle était vraie. |
| جَعَلَ الكِتابَ عَلى الطّاوِلَةِ. — il a mis le livre sur la table. | جَعَلَ الغُرْفَةَ مَكْتَبًا. — il a transformé la pièce en bureau. |
Rien ne marque la différence, sauf le nombre d’accusatifs. Comptez-les avant de traduire.
5. اِعْتَبَرَ est le cheval de trait de la presse. C’est un verbe de forme VIII de la racine عبر (اِعْتَبَرَ، يَعْتَبِرُ), et le journalisme moderne en vit : اِعْتَبَرَتِ الصَّحيفَةُ القَرارَ خَطَأً فادِحًا. Apprenez son passif en même temps, parce que le passif est encore plus fréquent que l’actif. Quand un verbe à deux compléments passe au passif, le premier complément devient نائِبُ الفاعِل et passe مَرْفوع, tandis que le second reste مَنْصوب exactement où il était (leçon 52) :
اِعْتَبَرَ الخُبَراءُ الاتِّفاقَ ناجِحًا. → يُعْتَبَرُ الاتِّفاقُ ناجِحًا.
Cet accusatif solitaire qui traîne derrière un sujet مَرْفوع — يُعْتَبَرُ المَشْروعُ ضَرورِيًّا — est l’une des formes les plus reconnaissables d’une page d’actualité.
6. La porte de sortie : أَنَّ. Les verbes de pensée et de jugement — ظَنَّ، حَسِبَ، عَلِمَ، وَجَدَ، رَأى، اِعْتَبَرَ — acceptent aussi toute une proposition أَنَّ à la place de deux compléments, et dans la prose moderne c’est la construction la plus courante :
ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا. = ظَنَنْتُ أَنَّ الجَوَّ جَميلٌ.
Surveillez le basculement des terminaisons. À l’intérieur de أَنَّ, la règle de la leçon 44 s’applique : le nom après أَنَّ est مَنْصوب (الجَوَّ) et son prédicat est مَرْفوع (جَميلٌ). Donc le second mot est à l’accusatif dans la version à deux compléments et au nominatif dans la version أَنَّ — اِعْتَبَرَتِ الوِزارَةُ أَنَّ الخُطَّةَ ناجِحَةٌ. Les deux verbes qui transforment X en Y n’ont pas cette voie : جَعَلَ et اِتَّخَذَ ont besoin de deux vrais compléments, et *جَعَلْتُ أَنَّ الغُرْفَةَ مَكْتَبٌ n’est pas de l’arabe.
7. ظَنَّ est مُضَعَّف, et la gémination se brise. La racine est ظنن, donc les deux ن restent sous une chadda seulement tant que la terminaison commence par une voyelle : ظَنَّ، ظَنَّتْ، ظَنّوا، يَظُنُّ. Dès qu’une terminaison commence par une consonne, les lettres se séparent et la voyelle du radical revient — une fatha, parce que ظَنَّ est un verbe فَعَلَ (leçon 49) :
ظَنَّ → ظَنَنْتُ، ظَنَنّا، ظَنَنْتُمْ، ظَنَنَّ — jamais *ظَنَّتُ
La même scission traverse le présent avec نونُ النِّسْوَة : يَظُنُّ mais هُنَّ يَظْنُنَّ. C’est le comportement ظَلَّ / ظَلِلْتُ de la leçon 43, avec une autre voyelle.
8. La seconde famille : كادَ plus un مُضارِع nu. كادَ وأَخَواتُها — traditionnellement أَفْعالُ المُقارَبَةِ والرَّجاءِ والشُّروع, « verbes de proximité, d’espoir et de commencement » — laissent leur sujet مَرْفوع et prennent un verbe comme prédicat, toujours un مُضارِع :
كادَ الوَلَدُ يَسْقُطُ. — Le garçon a failli tomber. كِدْتُ أَسْقُطُ عَلى الدَّرَجِ. — J’ai failli tomber dans l’escalier.
كادَ veut dire « était sur le point de, a failli » — et à l’affirmatif cela veut dire que la chose n’est pas arrivée. كادَ الوَلَدُ يَسْقُطُ dit que le garçon est resté sur ses pieds.
9. Qui prend أَنْ et qui le refuse. C’est toute la difficulté pratique de la famille, et elle se scinde en trois :
- كادَ — pas de أَنْ. كادَ يَسْقُطُ، كِدْنا نَصِلُ. Le مُضارِع garde sa damma ordinaire de مَرْفوع.
- أَوْشَكَ et عَسى — avec أَنْ. أَوْشَكَ القِطارُ أَنْ يَتَحَرَّكَ. / عَسى المَطَرُ أَنْ يَتَوَقَّفَ. Parce que أَنْ est là, le verbe passe مَنْصوب (leçon 34) : يَتَحَرَّكَ, et non يَتَحَرَّكُ.
- شَرَعَ، بَدَأَ، أَخَذَ — jamais أَنْ. شَرَعَ الطُّلّابُ يَكْتُبونَ. / بَدَأَ المُديرُ يَشْرَحُ الخُطَّةَ. / أَخَذَ الطِّفْلُ يَبْكي. *شَرَعَ أَنْ يَكْتُبَ est tout simplement faux.
Les verbes de commencement ont une restriction de plus : dans cette construction ils n’apparaissent qu’au passé. On dit شَرَعَ يَكْتُبُ, jamais *يَشْرَعُ يَكْتُبُ — pour un présent « il commence à », servez-vous de بَدَأَ avec un مَصْدَر : يَبْدَأُ العَمَلَ. Notez aussi que جَعَلَ apparaît ici au sens de « il s’est mis à » : جَعَلَ يَضْحَكُ « il a éclaté de rire ». Le même verbe, deux familles.
10. أَوْشَكَ et عَسى. أَوْشَكَ (forme IV, racine وشك) se conjugue normalement : أَوْشَكَ، أَوْشَكَتْ، أَوْشَكْتُ، يُوشِكُ. C’est le « être sur le point de » neutre, un peu plus soutenu que كادَ et préféré quand l’événement est attendu plutôt qu’évité de justesse.
عَسى est جامِد — figé. Il n’a pas de مُضارِع, pas de أَمْر et pas de participe, et dans l’écrit moderne il est de fait invariable : عَسى أَنْ يَصِلَ الوَفْدُ غَدًا « la délégation arrivera peut-être demain ». Il exprime l’espoir, et vous le rencontrerez bien plus souvent en lecture que dans vos propres écrits — لَعَلَّ (leçon 44) fait le même travail plus naturellement. Il prend aussi un pronom collé, et sous cette seule forme le أَنْ tombe d’ordinaire : عَساهُ يَعودُ.
11. لَمْ يَكَدْ … حَتّى — « à peine … que ». Négé, كادَ se lit d’ordinaire à l’envers : affirmatif كادَ = cela a failli arriver mais n’est pas arrivé ; nié كادَ suivi de حَتّى = cela est tout juste arrivé. D’où le cadre fixe :
لَمْ يَكَدْ يَجْلِسُ حَتّى رَنَّ الهاتِفُ. — Il s’était à peine assis que le téléphone a sonné. ما كادَ يَبْدَأُ الحَديثَ حَتّى قاطَعَهُ أَحَدُهُمْ. — Il avait à peine commencé à parler que quelqu’un l’a interrompu.
ما كادَ et لَمْ يَكَدْ sont interchangeables ici. La même lecture vous donne le très utile لا أَكادُ أَسْمَعُكَ « je t’entends à peine » — je t’entends, tout juste. Hors de ces deux cadres, un كادَ nié peut tout aussi bien être un refus plat (« n’était nulle part près de le faire »), ce pourquoi les grammairiens en discutent depuis des siècles ; lisez-le d’après le contexte, pas d’après une formule. Notez que لَمْ ne met le jussif (apocopé) que sur يَكَدْ ; le second verbe garde sa damma, parce que لَمْ n’atteint pas plus loin que le verbe qu’il précède, et ce مُضارِع est une proposition à part — le خَبَر de كادَ.
12. كادَ est أَجْوَف, et son radical se raccourcit. La racine est كود, et un alif long ne peut pas se tenir devant un soukoun (leçon 50), donc devant une terminaison à initiale consonantique il s’effondre en une voyelle brève : كادَ → كِدْتُ، كِدْنا، كِدْتُمْ. Notez que la voyelle est une kasra : une racine و laisse d’ordinaire une damma (قالَ → قُلْتُ), mais كادَ est sous-jacentement كَوِدَ / يَكادُ, la classe خافَ / خِفْتُ, et cette classe garde une kasra. Le مُضارِع est يَكادُ avec une fatha, et le jussif (apocopé) le raccourcit à nouveau : لَمْ يَكَدْ.
13. كادَ أَنْ — la note honnête. Vous verrez constamment كادَ أَنْ يَسْقُطَ dans les journaux et les romans. La grammaire classique désapprouve — أَنْ avec كادَ est décrit comme قَليل, rare, et le مُضارِع nu est la norme — mais l’usage moderne n’en a plus grand-chose à faire. Donc reconnaissez كادَ أَنْ sans ciller et écrivez كادَ يَسْقُطُ, que personne ne marquera jamais faux.
14. Ce n’est pas le sujet de cette leçon. Quand une particule comme ما، لا ou إِنَّ s’interpose entre ظَنَّ et ses compléments, le travail de cas du verbe est suspendu et la proposition garde ses propres terminaisons. Les grammairiens appellent cela التَّعْليق, et cela va avec les autres visages de ما à la leçon 68. Les membres classiques plus rares des deux familles (كَرَبَ، طَفِقَ، حَرى، اِخْلَوْلَقَ، خالَ، زَعَمَ) appartiennent au registre de la leçon 70.
Formes et structures
ظَنَّ — le paradigme géminé, là où la scission se voit
| الضَّمير | الماضي | المُضارِع |
|---|---|---|
| أَنا | ظَنَنْتُ | أَظُنُّ |
| أَنْتَ | ظَنَنْتَ | تَظُنُّ |
| أَنْتِ | ظَنَنْتِ | تَظُنّينَ |
| هُوَ | ظَنَّ | يَظُنُّ |
| هِيَ | ظَنَّتْ | تَظُنُّ |
| نَحْنُ | ظَنَنّا | نَظُنُّ |
| أَنْتُمْ | ظَنَنْتُمْ | تَظُنّونَ |
| هُمْ | ظَنّوا | يَظُنّونَ |
| هُنَّ | ظَنَنَّ | يَظْنُنَّ |
(Les formes du duel sont laissées de côté ; elles gardent la chadda — ظَنّا، ظَنَّتا، يَظُنّانِ.)
Les huit sœurs de ظَنَّ
| الفِعْل | المُضارِع | Sens | مِثال |
|---|---|---|---|
| ظَنَّ | يَظُنُّ | penser, supposer | ظَنَنْتُ الطَّريقَ قَصيرًا. |
| حَسِبَ | يَحْسَبُ | estimer, prendre pour | حَسِبْتُ الرِّسالَةَ عاجِلَةً. |
| وَجَدَ | يَجِدُ | trouver (être) | وَجَدْتُ الدَّرْسَ سَهْلًا. |
| رَأى | يَرى | juger, regarder comme | رَأَيْتُ الفِكْرَةَ مُمْتازَةً. |
| عَلِمَ | يَعْلَمُ | savoir (être) | عَلِمْتُ الخَبَرَ صَحيحًا. |
| اِعْتَبَرَ | يَعْتَبِرُ | considérer, compter pour | اِعْتَبَرْتُ القَرارَ خَطَأً. |
| جَعَلَ | يَجْعَلُ | faire devenir | جَعَلَ الغُرْفَةَ مَكْتَبًا. |
| اِتَّخَذَ | يَتَّخِذُ | prendre pour, adopter comme | اِتَّخَذَ الأَمْرَ ذَريعَةً. |
Une phrase, trois opérations
| الجُمْلَة | Traduction |
|---|---|
| الطَّقْسُ مُعْتَدِلٌ. | Le temps est doux. |
| ظَنَنْتُ الطَّقْسَ مُعْتَدِلًا. | Je pensais que le temps était doux. |
| اِعْتَبَرْتُ الطَّقْسَ مُعْتَدِلًا. | J’ai considéré le temps comme doux. |
| ظَنَنْتُ أَنَّ الطَّقْسَ مُعْتَدِلٌ. | Je pensais que le temps était doux. |
كادَ — le paradigme creux
| الضَّمير | الماضي | المُضارِع |
|---|---|---|
| أَنا | كِدْتُ | أَكادُ |
| أَنْتَ | كِدْتَ | تَكادُ |
| هُوَ | كادَ | يَكادُ |
| هِيَ | كادَتْ | تَكادُ |
| نَحْنُ | كِدْنا | نَكادُ |
| أَنْتُمْ | كِدْتُمْ | تَكادونَ |
| هُمْ | كادوا | يَكادونَ |
| المَجْزوم (هُوَ) | لَمْ يَكَدْ | - |
La famille كادَ et la question أَنْ
| الفِعْل | Prend أَنْ | مِثال | Sens |
|---|---|---|---|
| كادَ / يَكادُ | non | كادَ الوَلَدُ يَسْقُطُ. | faillir, être tout près de |
| أَوْشَكَ / يُوشِكُ | oui | أَوْشَكَ القِطارُ أَنْ يَصِلَ. | être sur le point de |
| عَسى (جامِد) | oui | عَسى المَطَرُ أَنْ يَتَوَقَّفَ. | peut-être, pourvu que |
| شَرَعَ | non | شَرَعَ الطُّلّابُ يَكْتُبونَ. | commença (passé seulement) |
| بَدَأَ | non | بَدَأَ المُديرُ يَشْرَحُ. | commença (passé seulement) |
| أَخَذَ | non | أَخَذَ الطِّفْلُ يَبْكي. | se mit à (passé seulement) |
| جَعَلَ | non | جَعَلَ يَضْحَكُ. | s’y mit (passé seulement) |
Exemples
| العربية | Français |
|---|---|
| ظَنَنْتُ الطَّريقَ قَصيرًا، فَمَشَيْتُ ساعَتَيْنِ. | Je pensais que la route était courte, alors j’ai marché deux heures. |
| حَسِبْتُ الرِّسالَةَ عاجِلَةً فَفَتَحْتُها فَوْرًا. | J’ai estimé que la lettre était urgente, alors je l’ai ouverte tout de suite. |
| وَجَدْتُ الغُرْفَةَ نَظيفَةً عِنْدَ عَوْدَتي. | J’ai trouvé la pièce propre en rentrant. |
| رَأَيْتُ الفِكْرَةَ مُمْتازَةً مُنْذُ البِدايَةِ. | J’ai jugé l’idée excellente dès le départ. |
| اِعْتَبَرَتِ الصَّحيفَةُ القَرارَ خَطَأً فادِحًا. | Le journal a considéré la décision comme une grave erreur. |
| جَعَلَ المُهَنْدِسُ الغُرْفَةَ مَكْتَبًا صَغيرًا. | L’ingénieur a transformé la pièce en un petit bureau. |
| اِتَّخَذَتِ الحُكومَةُ الأَمْرَ ذَريعَةً لِلتَّأْجيلِ. | Le gouvernement a pris l’affaire comme prétexte à un report. |
| ظَنَنْتُهُ نائِمًا فَخَرَجْتُ بِهُدوءٍ. | Je pensais qu’il dormait, alors je suis parti sans bruit. |
| ظَنَنّا أَنَّ الطَّريقَ مُغْلَقٌ بِسَبَبِ المَطَرِ. | Nous pensions que la route était fermée à cause de la pluie. |
| كِدْتُ أَسْقُطُ عَلى الدَّرَجِ. | J’ai failli tomber dans l’escalier. |
| أَوْشَكَ القِطارُ أَنْ يَتَحَرَّكَ حينَ وَصَلْنا. | Le train était sur le point de partir quand nous sommes arrivés. |
| عَسى المَطَرُ أَنْ يَتَوَقَّفَ قَبْلَ المَساءِ. | Pourvu que la pluie s’arrête avant le soir. |
| شَرَعَ الطُّلّابُ يَكْتُبونَ أَجْوِبَتَهُمْ. | Les étudiants ont commencé à écrire leurs réponses. |
| لَمْ يَكَدْ يَجْلِسُ حَتّى رَنَّ الهاتِفُ. | Il s’était à peine assis que le téléphone a sonné. |
Erreurs fréquentes
- ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلٌ. -> ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا. — L’ancien خَبَر ne garde pas sa damma. Les deux moitiés de la phrase avalée passent مَنْصوب, et le second est la moitié que les apprenants oublient.
- ظَنَنْتُ الجَوُّ جَميلًا. -> ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا. — La première moitié aussi. Un nominatif restant est le réflexe de كانَ وأَخَوات, et c’est la mauvaise famille pour cela.
- ظَنَّتُ أَنَّ الخَبَرَ صَحيحٌ. -> ظَنَنْتُ أَنَّ الخَبَرَ صَحيحٌ. — ظَنَّ est géminé : une terminaison à initiale consonantique fend la chadda. (ظَنَّتْ, avec un soukoun sur le ت, est le parfaitement correct « elle a pensé ».)
- ظَنَنْتُ أَنَّ الجَوَّ جَميلًا. -> ظَنَنْتُ أَنَّ الجَوَّ جَميلٌ. — Une fois أَنَّ dans la phrase, c’est أَنَّ qui gouverne, pas ظَنَّ : nom à l’accusatif, prédicat au nominatif (leçon 44). On ne peut pas se servir des deux systèmes à la fois.
- وَجَدْتُ البابَ مَفْتوحٌ. -> وَجَدْتُ البابَ مَفْتوحًا. — Si وَجَدَ a deux compléments, c’est une sœur de ظَنَّ, et le second prend une fatha.
- شَرَعَ أَنْ يَكْتُبَ الرِّسالَةَ. -> شَرَعَ يَكْتُبُ الرِّسالَةَ. — Les verbes de commencement refusent أَنْ, et sans أَنْ il n’y a rien pour rendre le مُضارِع مَنْصوب.
- كادَ الوَلَدُ يَسْقُطَ. -> كادَ الوَلَدُ يَسْقُطُ. — La terminaison manṣūb est arrivée sans sa cause. كادَ prend un مُضارِع nu, et un مُضارِع nu est مَرْفوع.
- كادْتُ أَسْقُطُ. -> كِدْتُ أَسْقُطُ. — كادَ est creux : l’alif long s’effondre devant le ـْتُ à initiale consonantique, et la voyelle qu’il laisse est une kasra, parce que كادَ se conjugue comme خافَ / خِفْتُ, et non comme قالَ / قُلْتُ.
- أَوْشَكَ القِطارُ يَتَحَرَّكُ. -> أَوْشَكَ القِطارُ أَنْ يَتَحَرَّكَ. — أَوْشَكَ avec un مُضارِع nu est permis et se rencontre, mais أَنْ est de loin la forme moderne normale ; gardez أَنْ, et gardez le subjonctif après lui.
- يَعْسى الطَّقْسُ أَنْ يَتَحَسَّنَ. -> عَسى الطَّقْسُ أَنْ يَتَحَسَّنَ. — عَسى est جامِد : pas de *يَعْسى, pas de أَمْر, pas de participe. La forme d’allure passée porte tous les sens.
Conseils
- Servez-vous du test de la phrase avant d’écrire un double accusatif : ôtez le verbe et voyez si les deux mots tiennent seuls comme جُمْلَة اسْمِيَّة. الجَوُّ جَميلٌ passe, donc ظَنَنْتُ الجَوَّ جَميلًا est sûr.
- Quand les deux accusatifs vous font hésiter après un verbe de pensée ou de jugement, prenez la voie أَنَّ. Elle est de toute façon plus fréquente dans la prose moderne, et ses terminaisons sont celles que vous avez travaillées à la leçon 44. (جَعَلَ et اِتَّخَذَ n’ont pas de voie أَنَّ — ils ont besoin de deux vrais compléments.)
- Mémorisez la scission أَنْ comme un chant à trois temps — كادَ jamais, أَوْشَكَ et عَسى toujours, les verbes de commencement jamais. La plupart des erreurs de la seconde famille sont une mauvaise réponse à cette seule question.
- Un seul test de radical couvre les deux familles, celui des leçons 49 et 50 : la terminaison commence-t-elle par une consonne ? Si oui, ظَنَّ → ظَنَنْ et كادَ → كِدْ. Si non, laissez le radical tranquille.
- Apprenez اِعْتَبَرَ en même temps que يُعْتَبَرُ — le passif est la forme que vous rencontrez d’abord dans n’importe quel journal.
- Tenez les deux familles à part par ce qui suit le sujet : كانَ وأَخَوات prennent un prédicat nominal à l’accusatif, كادَ وأَخَوات prennent un verbe. كانَ الوَلَدُ نائِمًا contre كادَ الوَلَدُ يَنامُ.
- Ignorez pour l’instant : التَّعْليق, les parents rares كَرَبَ et طَفِقَ, et les paradigmes du duel. Huit verbes ظَنَّ et les sept du tableau كادَ, c’est tout l’ensemble utile.