Les phrases conditionnelles

B1 أُسْلوبُ الشَّرْط 56 / 70

En bref

L’arabe construit une condition en trois parties et pas davantage : un mot qui l’ouvre, le verbe de la condition, et la réponse. إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ — « si tu étudies, tu réussiras ». Le français marque les deux moitiés avec si et un futur ; l’arabe les marque en refaçonnant les deux verbes, et ce refaçonnage est le مَجْزوم que vous possédez déjà depuis la leçon 35, qui travaille maintenant deux fois dans une même phrase et sans aucune négation à l’horizon.

Toute la leçon tient à une seule scission. La plupart des mots conditionnels — إِنْ et la famille « qui / quoi / quand / où » — mettent les deux verbes au jussif (apocopé). Deux des plus courants, إِذا et كُلَّما, ne régissent rien du tout et prennent une forme du passé même quand le sens est le futur. Ajoutez le فَ que certaines réponses exigent, et les conditions réelles sont closes. Les irréelles — « si j’avais su », « n’eût été » — tournent sur لَوْ et لَوْلا et sont la leçon 65 ; ne les empruntez pas ici.

La règle

1. Les trois parties. Toute phrase conditionnelle est أَداةُ الشَّرْطِ (le mot conditionnel) + فِعْلُ الشَّرْطِ (le verbe de la condition) + جَوابُ الشَّرْطِ (la réponse, aussi appelée جَزاءُ الشَّرْطِ). Le tout est une seule phrase et le أَداة se tient en tête ; rien ne se place devant lui sauf un connecteur comme وَ ou un groupe thématique. Aucune virgule n’est exigée entre les deux moitiés — l’édition moderne y met souvent un ،, mais rien de grammatical n’en dépend ; la frontière est la fin de la proposition du premier verbe.

2. Deux familles, et c’est toute la leçon. Les أَدَواتُ الشَّرْطِ se partagent entre celles qui provoquent le جَزْم et celles qui ne le font pas.

  • الجازِمَة — إِنْ، مَنْ، ما، مَهْما، مَتى، أَيْنَما، كَيْفَما، أَيّ. Les deux verbes passent au مَجْزوم : إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ.
  • غَيْرُ الجازِمَة — إِذا et كُلَّما. Rien n’est mis dans aucun mode ; le verbe après eux est d’ordinaire une forme du passé : إِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ.

Ces deux phrases d’exemple se traduisent de façon identique en français (« si/quand tu étudies, tu réussiras ») et ne partagent pas une seule propriété grammaticale. Apprenez-les comme une paire assortie et la moitié des erreurs de ce domaine n’arrive jamais.

3. إِنْ : deux jussifs, et le second est la surprise. Après إِنْ le verbe de la condition prend le جَزْم exactement comme après لَمْ. Ce qui est nouveau, c’est que la réponse le prend aussi, bien qu’aucune particule ne se tienne devant la réponse :

إِنْ تَجْتَهِدْ (شَرْط، مَجْزوم) تَنْجَحْ (جَواب، مَجْزوم).

Rien ne nie, rien n’interdit, rien n’ordonne ; le soukoun sur تَنْجَحْ est causé par la structure conditionnelle seule. Deux verbes, deux soukouns, un seul إِنْ.

4. Là où le جَزْم se voit vraiment. Sur un verbe sain, la marque est un soukoun nu et le texte non vocalisé la cache complètement. Sur les autres classes le mot rétrécit visiblement, et ce sont ces formes qu’il faut travailler — un lecteur y entend votre erreur :

  • الصَّحيحُ السّالِمُ : تَدْرُسُ → تَدْرُسْ. Un soukoun remplace la damma.
  • النّاقِص (dernière lettre faible) : تَمْشي → تَمْشِ. Le ي est supprimé et sa kasra reste.
  • الأَجْوَف (lettre médiane faible) : تَزورُ → تَزُرْ. Le و long se raccourcit en damma.
  • الأَفْعالُ الخَمْسَةُ : تَدْرُسونَ → تَدْرُسوا. Le نون tombe, l’alif muet s’écrit.

5. Formes du passé dans un cadre jussif. Après إِنْ vous pouvez tout aussi bien employer un verbe au passé, et c’est très courant à l’écrit : إِنْ دَرَسْتَ نَجَحْتَ. La forme du passé est مَبْنِيّ — construite, inchangeable — donc rien de visible ne lui arrive ; les grammairiens disent qu’elle est فِي مَحَلِّ جَزْمٍ, à la place d’un jussif. Le mélange est permis dans un sens : un شَرْط au passé avec un جَواب au jussif est de bon arabe (إِنْ دَرَسْتَ تَنْجَحْ). L’inverse — un شَرْط au jussif avec un جَواب au passé — n’est pas à produire ; tenez-vous aux trois cadres du tableau ci-dessous.

6. إِذا : la forme du passé qui signifie le futur. إِذا n’est pas une particule régissante du tout. La grammaire arabe la classe comme un mot de temps (ظَرْف) porteur d’une force conditionnelle, et un mot de temps ne met rien dans un mode. Son verbe est une forme du passé et sa référence temporelle est le futur :

إِذا وَصَلَ القِطارُ رَكِبْنا مَعًا. — « Quand le train arrivera, nous monterons ensemble. »

Deux preuves que إِذا ne régit rien. D’abord, un verbe au présent dans la réponse garde sa damma intacte : إِذا زارَني صَديقي أُقَدِّمُ لَهُ القَهْوَةَ. Ensuite, quand vous voyez un soukoun après إِذا il a toujours une autre cause — إِذا لَمْ تَفْهَمْ فَاسْأَلْ : ce soukoun appartient à لَمْ, qui est une particule de jussif à part entière. Dans la prose moderne, إِذا est suivi directement de son verbe ; vous rencontrerez aussi إِذا ما, où le ما n’ajoute rien au sens.

7. إِنْ ou إِذا — une vraie différence de sens. Ce ne sont pas des variantes de style.

  • إِذا = le locuteur s’attend à ce que cela arrive, ou sait que cela arrivera : إِذا جاءَ الصَّيْفُ سافَرْنا. C’est « quand » autant que « si », et c’est de loin le plus courant des deux dans la prose moderne.
  • إِنْ = le locuteur est vraiment dans le doute, ou le juge peu probable : إِنْ تَتَغَيَّرْ خُطَّتُهُمْ نُخْبِرْكَ. C’est le « si » hypothétique, et il domine les conditions avec لَمْ, l’écriture soutenue et les formules figées comme إِنْ شاءَ اللهُ.

8. Le reste de la famille جازِمَة : ils occupent un poste dans la proposition. إِنْ est une particule et ne fait rien d’autre. Les autres sont des noms ou des adverbes, donc outre d’ouvrir la condition ils remplissent une case dedans — sujet, complément d’objet, lieu, manière :

  • مَنْ « quiconque », pour les personnes : مَنْ يَعْمَلْ بِجِدٍّ يَنَلْ ما يُريدُ.
  • ما et مَهْما « quoi que ce soit », pour les choses ; مَهْما est l’emphatique et ne peut pas renvoyer à une personne : مَهْما تَقُلْ فَلَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي.
  • مَتى « chaque fois que » : مَتى تَصِلْ إِلى المَطارِ أَسْتَقْبِلْكَ. Le même mot que la question مَتى؟ « quand ? », un autre travail — ici ce n’est pas une question et il ne prend pas de point d’interrogation.
  • أَيْنَما « où que ce soit » et كَيْفَما « de quelque façon que ce soit » : أَيْنَما تَذْهَبْ تَجِدْ أَصْدِقاءَ.
  • أَيّ « n’importe lequel », unique en ce qu’il prend un nom suivant en إِضافَة et change sa propre terminaison selon son rôle : أَيُّ طالِبٍ يَجْتَهِدْ يَنْجَحْ (مُبْتَدَأ، مَرْفوع) à côté de أَيَّ كِتابٍ تَقْرَأْ تَسْتَفِدْ مِنْهُ (مَفْعول بِهِ، مَنْصوب).

9. فاءُ الجَوابِ — le فَ qui n’est pas facultatif. Une réponse au jussif ou au passé s’attache directement sans rien entre les deux : إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ، إِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ. Mais certaines réponses ne peuvent pas être un jussif du tout, et l’arabe exige alors فَـ collé au début de la réponse. La liste est courte et vaut d’être mémorisée comme une liste :

  1. la réponse est une phrase nominale : إِذا نَجَحْتَ فَلَكَ جائِزَةٌ.
  2. la réponse est un impératif (ou une défense avec لا) : إِذا وَصَلْتَ فَاتَّصِلْ بي.
  3. la réponse s’ouvre par سَـ / سَوْفَ : إِنْ تَحْضُرْ فَسَنَبْدَأُ فَوْرًا.
  4. la réponse s’ouvre par قَدْ : إِنْ تَسْأَلْهُ فَقَدْ يُساعِدُكَ.
  5. la réponse s’ouvre par ما : إِنْ تَبْحَثْ عَنْهُ فَما هُوَ هُنا.
  6. la réponse s’ouvre par لَنْ : مَهْما تَقُلْ فَلَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي.

Un test couvre les six : si la réponse ne peut pas elle-même être mise au jussif, elle a besoin du فَ. Un nom n’a pas de mode ; un impératif est déjà fixé ; سَـ، سَوْفَ، قَدْ، ما، لَنْ bloquent chacun le jussif en occupant la case devant le verbe. Il en va de même des verbes figés لَيْسَ et عَسى : إِذا تَأَخَّرَ فَلَيْسَ ذٰلِكَ خَطَأَهُ. Parce que إِذا introduit si souvent une réponse nominale ou au futur, vous verrez فَ avec إِذا constamment — mais le فَ appartient à la forme de la réponse, non à إِذا.

10. Nier à l’intérieur d’une condition. « Si … ne … pas » c’est إِنْ لَمْ ou إِذا لَمْ plus un jussif ; لَمْ fait le travail, donc le schéma est identique dans les deux cas : إِنْ لَمْ تُسافِرْ غَدًا فَاتَّصِلْ بي، إِذا لَمْ تَفْهَمِ الدَّرْسَ فَاسْأَلِ المُعَلِّمَ. L’alternative compacte est وَإِلّا « sinon », qui entasse وَ + إِنْ + لا en un seul mot et lâche le verbe de la condition — donc son propre verbe sort encore مَجْزوم : اُدْرُسْ وَإِلّا تَرْسُبْ.

11. Deux soukouns ne peuvent pas se rencontrer — la même réparation qu’à la leçon 35. Un jussif qui finit par un soukoun suivi de l’article prend une kasra : كَيْفَما تُعامِلِ النّاسَ يُعامِلوكَ، إِذا لَمْ تَفْهَمِ الدَّرْسَ. C’est une réparation de prononciation seulement ; le verbe est toujours مَجْزوم.

12. Ce qui est délibérément laissé de côté. لَوْ et لَوْلا — les conditions irréelles, « si tu avais étudié tu aurais réussi » — sont la leçon 65 en entier, et employer لَوْ pour une condition réelle, ouverte, est l’erreur la plus courante de tout ce domaine. كُلَّما comme expression de temps était la leçon 38 et n’apparaît ici que pour siéger dans la colonne جازِمة / غَيْر جازِمة. Relier des paragraphes entiers avec فِي حالِ، شَريطَةَ أَنْ، بِشَرْطِ أَنْ appartient à la leçon 66. Et les أَدَوات plus anciens إِذْما، أَنّى، حَيْثُما، أَيّانَ provoquent aussi le jussif mais sont peu courants dans la prose moderne — reconnaissez-les, ne les produisez pas. Des quatre, seul حَيْثُما « où que ce soit » se rencontre encore avec une certaine régularité.

Formes et structures

Les particules, triées par la seule chose qui compte. Les deux dernières lignes sont celles qui ne régissent rien :

الأَداةالمَعْنىجازِمَة؟مِثال
إِنْsiنَعَمْإِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ
مَنْquiconqueنَعَمْمَنْ يُساعِدْني أَشْكُرْهُ
ماquoi que ce soitنَعَمْما تَكْتُبْ فِي دَفْتَرِكَ تَقْرَأْهُ غَدًا
مَهْماquoi que ce soit, peu importe quoiنَعَمْمَهْما تَقُلْ فَلَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي
مَتىchaque fois queنَعَمْمَتى تَصِلْ أَسْتَقْبِلْكَ
أَيْنَماoù que ce soitنَعَمْأَيْنَما تَذْهَبْ تَجِدْ أَصْدِقاءَ
كَيْفَماde quelque façon que ce soitنَعَمْكَيْفَما تُعامِلِ النّاسَ يُعامِلوكَ
أَيّn’importe lequelنَعَمْأَيَّ كِتابٍ تَقْرَأْ تَسْتَفِدْ مِنْهُ
إِذاsi, quand (attendu)لاإِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ
كُلَّماchaque fois que, plus… plusلاكُلَّما قَرَأْتُ فَهِمْتُ أَكْثَرَ

Le jussif à travers les classes de verbes, pour que la marque se voie quelque part. Deuxième personne du masculin singulier, puisque c’est la forme sur laquelle une condition atterrit d’ordinaire :

الصِّنْفالفِعْلالمُضارِعُ المَرْفوعمَعَ إِنْ (مَجْزوم)عَلامَةُ الجَزْم
صَحيحٌ سالِمٌدَرَسَتَدْرُسُإِنْ تَدْرُسْالسُّكونُ
ناقِصٌمَشىتَمْشيإِنْ تَمْشِحَذْفُ حَرْفِ العِلَّةِ
أَجْوَفُزارَتَزورُإِنْ تَزُرْالسُّكونُ (ويُحْذَفُ حَرْفُ العِلَّةِ مِنَ الوَسَطِ)
الأَفْعالُ الخَمْسَةُدَرَسَتَدْرُسونَإِنْ تَدْرُسواحَذْفُ النّونِ
مُضَعَّفٌرَدَّتَرُدُّإِنْ تَرُدَّالسُّكونُ، ويُحَرَّكُ بِالفَتْحِ (أَوْ تَرْدُدْ)

Le verbe géminé n’est ajouté que pour mémoire : il se comporte comme à la leçon 35, où les trois formes permises ont été exposées.

Les trois cadres que vous devez réellement produire. Tout le reste est de la reconnaissance :

الإِطارفِعْلُ الشَّرْطِجَوابُ الشَّرْطِمِثال
إِنْ + مُضارِع + مُضارِعمَجْزوممَجْزومإِنْ تُساعِدْني أُساعِدْكَ
إِنْ + ماضٍ + ماضٍماضٍماضٍإِنْ دَرَسْتَ نَجَحْتَ
إِذا + ماضٍ + ماضٍماضٍماضٍإِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ

Quand فاءُ الجَوابِ est obligatoire — toute la liste, avec le déclencheur en gras :

نَوْعُ الجَوابِمِثالTraduction
جُمْلَةٌ اسْمِيَّةٌإِذا نَجَحْتَ فَـلَكَ جائِزَةٌSi tu réussis, tu as un prix
أَمْرٌإِذا وَصَلْتَ فَـاتَّصِلْ بيQuand tu arrives, appelle-moi
نَهْيٌإِنْ تَشْعُرْ بِالتَّعَبِ فَـلا تُسافِرْSi tu te sens fatigué, ne voyage pas
سَـ / سَوْفَإِنْ تَحْضُرْ فَـسَنَبْدَأُ فَوْرًاSi tu assistes, nous commencerons tout de suite
قَدْإِنْ تَسْأَلْهُ فَـقَدْ يُساعِدُكَSi tu lui demandes, il se peut qu’il t’aide
ماإِنْ تَبْحَثْ عَنْهُ فَـما هُوَ هُناSi tu le cherches, il n’est pas ici
لَنْمَهْما تَقُلْ فَـلَنْ أُغَيِّرَ رَأْييQuoi que tu dises, je ne changerai pas d’avis

Exemples

العربيةFrançais
إِنْ تَجْتَهِدْ تَنْجَحْ فِي الامْتِحانِ.Si tu travailles dur, tu réussiras l’examen.
إِذا دَرَسْتَ جَيِّدًا نَجَحْتَ بِسُهولَةٍ.Si tu étudies bien, tu réussiras facilement.
إِنْ تُساعِدْني أُساعِدْكَ غَدًا.Si tu m’aides, je t’aiderai demain.
إِذا وَصَلَ القِطارُ مُتَأَخِّرًا اِنْتَظَرْنا فِي المَحَطَّةِ.Si le train arrive en retard, nous attendrons à la gare.
إِنْ تَزُرْ دِمَشْقَ تَرَ مَدينَةً قَديمَةً جَميلَةً.Si tu visites Damas, tu verras une belle ville ancienne.
مَنْ يَعْمَلْ بِجِدٍّ يَنَلْ ما يُريدُ.Quiconque travaille dur obtient ce qu’il veut.
مَهْما تَقُلْ فَلَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي.Quoi que tu dises, je ne changerai pas d’avis.
أَيْنَما تَذْهَبْ تَجِدْ أَصْدِقاءَ جُدُدًا.Où que tu ailles, tu trouveras de nouveaux amis.
مَتى تَصِلْ إِلى المَطارِ أَسْتَقْبِلْكَ.Dès que tu arriveras à l’aéroport, je viendrai te chercher.
كَيْفَما تُعامِلِ النّاسَ يُعامِلوكَ.Comme tu traites les gens, ils te traiteront de même.
أَيَّ كِتابٍ تَقْرَأْ تَسْتَفِدْ مِنْهُ.Quel que soit le livre que tu lises, tu en tireras profit.
إِذا نَجَحْتَ فَلَكَ جائِزَةٌ كَبيرَةٌ.Si tu réussis, il y a un gros prix pour toi.
إِذا زُرْتَ القاهِرَةَ فَسَتُحِبُّ شَوارِعَها.Si tu visites Le Caire, tu aimeras ses rues.
إِنْ لَمْ تُسافِرْ غَدًا فَاتَّصِلْ بي مَساءً.Si tu ne voyages pas demain, appelle-moi le soir.

Erreurs fréquentes

  • إِنْ تَدْرُسُ تَنْجَحُ -> إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ — إِنْ provoque le jussif et il atteint les deux verbes. Deux dammas ici, c’est l’erreur la plus courante de tout le sujet.
  • إِذا تَدْرُسُ تَنْجَحُ -> إِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ — إِذا prend une forme du passé même si le sens est futur. Un verbe au présent juste après إِذا existe en arabe classique (إِذا تُتْلى عَلَيْهِ آياتُنا), mais c’est rare ; dans la prose moderne, écrivez la forme du passé.
  • إِذا نَجَحْتَ لَكَ جائِزَةٌ -> إِذا نَجَحْتَ فَلَكَ جائِزَةٌ — la réponse est une phrase nominale, donc فاءُ الجَوابِ est obligatoire. L’omettre laisse deux phrases collées.
  • إِذا وَصَلْتَ اِتَّصِلْ بي -> إِذا وَصَلْتَ فَاتَّصِلْ بي — une réponse à l’impératif a besoin du même فَ. Il est collé au verbe, jamais écrit comme un mot séparé.
  • مَهْما تَقُلْ لَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي -> مَهْما تَقُلْ فَلَنْ أُغَيِّرَ رَأْيي — لَنْ bloque le jussif, donc la réponse prend le فَ. De même pour سَـ، سَوْفَ، قَدْ، ما.
  • لَوْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ -> إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ — لَوْ est pour les conditions que le locuteur traite comme irréelles ou déjà perdues. Pour une condition ouverte, encore possible, employez إِنْ ou إِذا.
  • إِنْ تَزورْني أَزورْكَ -> إِنْ تَزُرْني أَزُرْكَ — un soukoun ne peut pas suivre une voyelle longue, donc le verbe creux se raccourcit au jussif : تَزورُ devient تَزُرْ.
  • إِنْ تَمْشي تَصِلْ -> إِنْ تَمْشِ تَصِلْ — dans un verbe à finale faible le ي est supprimé net et seule sa kasra reste. Le mot est vraiment aussi court.
  • إِنْ تَدْرُسونَ تَنْجَحونَ -> إِنْ تَدْرُسوا تَنْجَحوا — les الأَفْعالُ الخَمْسَةُ perdent leur نون au jussif, dans la réponse comme dans la condition.
  • إِذا لَمْ تَفْهَمَ الدَّرْسَ -> إِذا لَمْ تَفْهَمِ الدَّرْسَ — لَمْ exige un soukoun (pas la fatha du subjonctif), et le soukoun se change en kasra devant l’article.

Conseils

  • Apprenez إِنْ تَدْرُسْ تَنْجَحْ et إِذا دَرَسْتَ نَجَحْتَ comme une seule fiche à deux faces. Tout le reste de cette leçon est un développement de ce contraste.
  • Un raccourci pour choisir : si vous diriez naturellement « quand », écrivez إِذا ; si vous tiendriez à « si », écrivez إِنْ. Dans la prose moderne, إِذا l’emporte la plupart du temps.
  • Ne pratiquez pas les conditions sur les seuls verbes sains — إِنْ تَدْرُسْ cache sa propre grammaire dans un texte non vocalisé. Construisez vos phrases sur زارَ، قالَ، مَشى، رَأى، اِسْتَطاعَ, où l’effondrement de la forme est impossible à feindre.
  • Chaque fois que vous écrivez إِذا, regardez votre proposition-réponse avant de finir la phrase. Si elle commence par un nom, un ordre, سَـ، سَوْفَ، قَدْ، ما ou لَنْ, le فَ s’y met. Ce contrôle à lui seul élimine toute une classe d’erreurs.
  • Le cadre négatif إِنْ لَمْ / إِذا لَمْ vaut d’être travaillé à part, parce qu’il empile deux mots provoquant le jussif et les apprenants laissent couramment la terminaison ouverte.
  • Gardez لَوْ entièrement hors de votre production jusqu’à la leçon 65. Si vous n’êtes pas sûr qu’une condition soit réelle, elle est réelle — les irréelles sont celles que le locuteur traite comme contraires aux faits.
  • Lisez les éditoriaux pour إِذا : il ouvre un grand nombre de phrases là, et le voir suivi d’un verbe au passé cinquante fois fixera le schéma plus vite que n’importe quel tableau.
  • Ignorez pour l’instant les إِذْما، أَنّى، حَيْثُما archaïques et tout exemple classique où un nom s’intercale entre إِذا et son verbe. L’arabe écrit moderne met presque toujours le verbe juste après la particule.